À retenir
- Devant le Sénat le 28 octobre 2026, la Cnaf a évoqué deux pistes : des montants plus écartés selon l’âge et une carte prépayée
- Le budget 2027 de la Sécurité sociale prévoit 600 millions d’euros d’économies sur une aide de 2,23 milliards d’euros
- Aucune des deux options n’est arrêtée et le texte budgétaire n’est pas encore voté par le Parlement
- En 2026, la prestation va de 426,87 € à 466,02 € par enfant, pour 5 millions d’enfants dans 3 millions de foyers
Au sommaire
L’allocation de rentrée scolaire pourrait changer de forme pour le versement d’août 2027. Auditionnée le 28 octobre par la commission des affaires sociales du Sénat, la directrice générale de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), Constance Bensussan, a présenté deux options pour réaliser l’économie inscrite au budget, rapporte Public Sénat.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 mentionne une « réduction de 0,6 milliard » de la dépense liée à cette aide. Le texte reste en discussion au Parlement.
Rien n’est donc adopté à ce stade.
600 millions d’euros retirés d’une enveloppe de 2,23 milliards
L’allocation de rentrée scolaire coûte un peu moins de 2,23 milliards d’euros par an à la branche famille. Elle bénéficie à 5 millions d’enfants de 6 à 18 ans, répartis dans 3 millions de foyers sous plafond de ressources.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du vendredi 30 octobreÀ la une : l’Arcom met en garde Radio FranceLire l’édition →L’économie visée représente environ 27 % de la dépense. Un peu plus d’un euro sur quatre versé aujourd’hui disparaîtrait.
Le Premier ministre avait annoncé la couleur en septembre. « L’allocation de rentrée scolaire, par exemple, n’est pas toujours en lien avec les besoins des familles. Il faut concerter, mais je plaide pour un recentrage de cette aide », a déclaré Sébastien Lecornu au Figaro.
Écoliers, collégiens et lycéens : des écarts plus marqués envisagés
La première piste consiste à creuser les écarts entre les tranches d’âge. Les trois montants actuels sont proches : 39 euros seulement séparent un enfant de primaire d’un lycéen.
Le raisonnement avancé est simple : une rentrée au lycée coûte plus cher qu’une rentrée en CE1. Mais l’enveloppe totale baisse de 600 millions d’euros.
Si le montant des lycéens était à peu près préservé, la baisse retomberait donc d’abord sur les familles d’enfants de 6 à 10 ans. La Cnaf n’a présenté aucune simulation chiffrée par tranche d’âge.
Pour mesurer l’ordre de grandeur, voici ce que donnerait une baisse uniforme de 27 %, hypothèse de calcul de la rédaction et non scénario officiel :
| Âge de l’enfant | Montant 2026 | Avec une baisse de 27 % |
|---|---|---|
| 6 à 10 ans | 426,87 € | environ 312 € |
| 11 à 14 ans | 450,41 € | environ 329 € |
| 15 à 18 ans | 466,02 € | environ 340 € |
Cela représenterait entre 115 et 126 euros de moins par enfant. Un barème plus étalé répartirait cette perte de façon inégale selon l’âge.
Une carte prépayée pour limiter l’usage de l’aide
La seconde piste porte sur le mode de versement. L’allocation arrive aujourd’hui sur le compte bancaire des familles, qui l’utilisent librement.
Une carte prépayée permettrait d’encadrer les dépenses autorisées, comme les fournitures ou l’équipement scolaire. Constance Bensussan a toutefois prévenu que ce système entraînerait des « coûts de gestion importants » pour les caisses.
Ces frais réduiraient d’autant l’économie nette espérée.
Plafonds 2026 : 28 956 € de revenus pour un enfant
Pour la rentrée 2026, l’aide est versée en totalité sous ces plafonds de ressources annuelles, selon le barème publié par la Caf :
- 1 enfant : 28 956 €
- 2 enfants : 35 638 €
- 3 enfants : 42 320 €
- 4 enfants : 48 583 €
Les familles n’ont aucune démarche à faire aujourd’hui. Le versement d’août 2026 n’est pas concerné et les règles actuelles restent en vigueur tant que la loi n’est pas promulguée.
Le budget de la Sécurité sociale doit être voté avant la fin de l’année
Le PLFSS 2027 poursuit son examen au Parlement cet automne. Les modalités du recentrage pourraient ensuite être précisées par décret, une fois le texte adopté.
Le choix entre barème par âge, carte prépayée ou combinaison des deux reste ouvert. Les premières familles concernées le verraient sur le versement d’août 2027.
Pour aller plus loin : notre guide des aides et allocations.
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