The Lancet : 17 menaces pèsent sur la santé d’ici 2100, l’obésité devant le nucléaire

Une commission de 35 experts chiffre, menace par menace, les années de vie en bonne santé que des décisions politiques pourraient préserver. Deux risques pourraient éteindre l'humanité.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
4 min de lecture
The Lancet : 17 menaces pèsent sur la santé d’ici 2100, l’obésité devant le nucléaire
Image d’illustration générée par IA

À retenir

  • La commission du Lancet sur les menaces sanitaires du XXIe siècle a présenté son rapport dimanche 11 octobre au World Health Summit de Berlin
  • L’obésité représente 23,1 milliards d’années de vie en bonne santé évitables d’ici à 2100, contre 9,35 milliards pour le conflit nucléaire
  • Le conflit nucléaire et l’usage malveillant de l’intelligence artificielle sont les deux seules menaces classées à potentiel d’extinction
  • L’Afrique subsaharienne porterait environ 70 % du fardeau évitable lié au recul de l’aide au développement en santé
Au sommaire
  1. Un milliard d’années de vie perdues, le seuil retenu par la commission
  2. L’obésité totalise 23,1 milliards d’années de vie évitables
  3. Nucléaire et IA malveillante, les deux risques d’extinction
  4. Un observatoire du Lancet suivra les 17 menaces

Trente-cinq experts réunis par la revue médicale The Lancet identifient 17 menaces capables de dégrader massivement la santé humaine d’ici à 2100. Leur rapport a été présenté dimanche 11 octobre à Berlin, lors du World Health Summit.

La commission est coprésidée par Christopher Murray, directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation, et par Natalia Kanem, ancienne directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population.

Publicité

Un milliard d’années de vie perdues, le seuil retenu par la commission

Une menace est qualifiée de catastrophique si elle remplit trois critères, selon The Lancet. Elle doit pouvoir coûter au moins un milliard d’années de vie en bonne santé d’ici à 2100, être modélisable avec les données disponibles et laisser une marge d’action aux pouvoirs publics.

L’unité de mesure est l’année de vie corrigée de l’incapacité, qui additionne les années perdues par décès prématuré et celles vécues avec une maladie ou un handicap.

Pour chaque menace, les experts ont comparé un scénario favorable et un scénario défavorable.

L’obésité totalise 23,1 milliards d’années de vie évitables

Agir contre l’obésité permettrait d’éviter jusqu’à 23,1 milliards d’années de vie en bonne santé perdues d’ici à la fin du siècle. C’est le total le plus élevé parmi ceux que la revue détaille dans sa présentation.

L’amélioration du niveau d’éducation en représente 16,1 milliards. La réduction des inégalités de revenus en représente 13,8 milliards, soit l’équivalent de 25 pandémies de Covid-19 d’après la commission.

Limiter le réchauffement à environ 1,8 °C, plutôt que de le laisser atteindre 4,4 °C, préserverait 1,89 milliard d’années de vie en bonne santé.

Nucléaire et IA malveillante, les deux risques d’extinction

Deux menaces sont rangées à part, parce qu’elles pourraient conduire à l’extinction de l’humanité : le conflit nucléaire et l’usage malveillant de l’intelligence artificielle.

Publicité

Prévenir un conflit nucléaire éviterait 133 millions de morts et 9,35 milliards d’années de vie en bonne santé perdues d’ici à 2100. Réduire le risque lié à l’IA malveillante en éviterait 10,4 milliards.

Les quinze autres menaces couvrent les maladies et les comportements (hypertension, tabac, alcool, santé mentale dégradée, vieillissement en mauvaise santé, malnutrition infantile, résistance aux antibiotiques, pandémies naturelles). Elles touchent aussi l’environnement et la société : pollution de l’air, changement climatique, guerres conventionnelles, faible niveau d’éducation, inégalités de revenus et baisse de l’aide au développement en santé.

Sur ce dernier point, l’Afrique subsaharienne supporterait environ 70 % du fardeau évitable.

Un observatoire du Lancet suivra les 17 menaces

La commission formule trois recommandations. Elle demande des systèmes de santé dotés d’équipes chargées d’anticiper et de prévenir ces risques, avec un financement durable.

Elle appelle à investir davantage dans l’innovation : vaccins, antibiotiques, traitements de l’obésité et technologies climatiques.

Elle annonce enfin un suivi régulier et indépendant, le Lancet Monitor of 21st Century Global Threats to Health.

« Pour chacune des 17 menaces catastrophiques, les décisions prises aujourd’hui par les dirigeants façonneront la santé et le bien-être de la prochaine génération », déclare Christopher Murray dans le communiqué de la revue.

Publicité
Partager cet article
Suivre :
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.