À retenir
- Entre 2016 et 2023, près de 3 millions de décès liés à la chaleur sont imputés au changement climatique par le Lancet Countdown
- En 2023, la chaleur aurait causé environ 710 000 morts dans le monde, dont 71 % attribuables au réchauffement
- Les 146 chercheurs du rapport demandent que le climat soit reconnu comme une urgence sanitaire mondiale
- En France, Santé publique France attribue plus de 5 700 décès à la chaleur pendant l’été 2025
Au sommaire
Le réchauffement climatique est associé à près de 3 millions de décès liés à la chaleur dans le monde entre 2016 et 2023. C’est l’estimation du rapport 2026 du Lancet Countdown, l’observatoire sur la santé et le climat rattaché à la revue médicale The Lancet, rendu public fin octobre.
Ses 146 auteurs en tirent une conclusion politique : le dérèglement du climat doit être traité comme une urgence de santé publique à l’échelle de la planète.
540 000 décès par an liés à la chaleur entre 2016 et 2023
Sur la période étudiée, la chaleur est liée en moyenne à quelque 540 000 morts chaque année. Les chercheurs estiment que 68 % de ces décès n’auraient pas eu lieu sans le changement climatique.
L’année 2023 marque un record, avec environ 710 000 décès, dont 71 % imputables au réchauffement.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du mercredi 28 octobreÀ la une : huit candidats face à la presseLire l’édition →La période couvre huit années, de 2016 à 2023 inclus, et non sept. Le calcul est cohérent : 540 000 morts par an pendant huit ans, multipliés par 68 %, donnent environ 2,9 millions de décès.
Marina Romanello réclame le statut d’urgence sanitaire mondiale
Marina Romanello, professeure à l’University College London et directrice exécutive du Lancet Countdown, résume le constat : les dommages du changement climatique sur la santé progressent plus vite que la réponse du monde.
Elle demande que « le changement climatique soit officiellement reconnu comme une urgence sanitaire mondiale, avec la santé placée au centre de chaque décision climatique » (traduction).
Les auteurs souhaitent que l’Organisation mondiale de la santé, partenaire du projet, dispose d’un mécanisme formel pour acter cette reconnaissance et coordonner la riposte internationale.
Sécheresses extrêmes et 1 000 milliards de dollars de pertes en 2025
La chaleur n’est qu’un des indicateurs suivis. Selon le rapport, les épisodes de sécheresse extrême ont progressé d’environ 700 % entre 2016 et 2025 par rapport à la décennie précédente.
En 2025, plus de la moitié des terres émergées a connu au moins un mois de sécheresse extrême.
La baisse de productivité liée à la chaleur aurait entraîné plus de 1 000 milliards de dollars de pertes de revenus potentiels en 2025. C’est la troisième année consécutive au-dessus de ce seuil.
Le rapport relève aussi des progrès. Les investissements dans l’énergie propre ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, en hausse de plus de 7 %. Mais les énergies fossiles fournissent toujours plus de 80 % de l’énergie mondiale.
En France, 5 700 décès attribués à la chaleur pendant l’été 2025
Les données françaises vont dans le même sens. Santé publique France attribue plus de 5 700 décès à l’exposition à la chaleur sur l’ensemble de l’été 2025, soit plus de 3 % de la mortalité observée.
Plus de 1 900 de ces morts sont survenues pendant les quatre épisodes de canicule de l’été. Près des trois quarts concernaient des personnes de 75 ans et plus.
Avec une température moyenne supérieure de 1,9 °C à la normale 1991-2020, l’été 2025 se classe au troisième rang des plus chauds depuis 1900, selon l’agence.
À l’échelle du continent, le volet européen du Lancet Countdown, publié en avril, estimait à environ 62 000 le nombre de décès liés à la chaleur en Europe en 2024.
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