- Au Progrès, 82 % des journalistes, soit 113 personnes, ont fait grève le vendredi 9 octobre contre le plan du groupe Ebra, selon Lyon Capitale ; la direction dit avoir pris acte de l’appel.
- Le plan, annoncé fin juin, vise jusqu’à 400 départs volontaires sur environ 3 200 salariés et neuf quotidiens régionaux ; la direction assure qu’aucun départ ne sera imposé.
- Le Progrès prévoit 60 suppressions de postes, dont 49 en rédaction, et 23 créations ; Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire, 19 suppressions dont 17 en rédaction.
- La consultation des instances court jusqu’à fin novembre, et les discussions se poursuivent.
Au sommaire
- Au Progrès, 113 journalistes ont fait grève, 98 % dans la Loire
- Soixante postes supprimés au Progrès, dont 49 en rédaction
- Le SNJ demande l’abandon de la mise en page automatique
- 10 millions d’euros de perte en 2025 contre 4,8 milliards de bénéfice au Crédit mutuel
- La consultation des instances court jusqu’à fin novembre
Les rédactions des neuf quotidiens du groupe Ebra étaient appelées à s’arrêter le même jour, vendredi 9 octobre, contre un plan qui vise jusqu’à 400 départs. Au Progrès, la grève a été suivie par 82 % des journalistes, et la question de l’intelligence artificielle est au centre de la colère.
Au Progrès, 113 journalistes ont fait grève, 98 % dans la Loire
Selon Lyon Capitale, 82 % des journalistes du Progrès, soit 113 personnes, ont cessé le travail vendredi. Dans la Loire, la participation a atteint 98 %.
Le mouvement concernait les neuf titres du groupe, qui emploie environ 3 200 personnes : Le Progrès, Le Dauphiné libéré, Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire, L’Est républicain, Le Républicain lorrain, Vosges Matin, L’Alsace et Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Des mobilisations ont eu lieu à Strasbourg, Besançon, Lyon et en Bourgogne.
À Dijon, un rassemblement s’est tenu place Darcy, devant une agence du Crédit mutuel, propriétaire du groupe, avec distribution de tracts, d’après Dijon Actualités.
Soixante postes supprimés au Progrès, dont 49 en rédaction
Le projet de la direction prévoit 60 suppressions de postes au Progrès, dont 49 en rédaction, pour 23 créations, selon le décompte de Lyon Capitale.
En Bourgogne, Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire sont regroupés au sein d’Est Bourgogne Médias. Le projet y prévoit 19 suppressions de postes, dont 17 en rédaction, et neuf créations. Les secrétaires de rédaction figurent parmi les métiers les plus touchés.
Le SNJ demande l’abandon de la mise en page automatique
Le Syndicat national des journalistes demande l’abandon du projet de mise en page automatique et une réévaluation de l’usage de l’intelligence artificielle. Les syndicats redoutent que l’automatisation de certaines tâches, surtout rédactionnelles, compense les suppressions de postes.
Au SNJ de L’Est républicain et de Vosges Matin, on craint des contenus produits ou retravaillés par l’IA.
La direction répond que le plan repose exclusivement sur le volontariat, qu’aucun départ ne sera imposé et que l’IA doit faciliter le travail sans remplacer les journalistes. Elle a dit avoir pris acte de l’appel à la grève et rester disponible pour discuter.
10 millions d’euros de perte en 2025 contre 4,8 milliards de bénéfice au Crédit mutuel
Pour justifier le plan, Ebra met en avant la baisse de ses ventes : les ventes au numéro et les abonnements ont été divisés par deux en dix ans, et la perte d’exploitation du groupe a dépassé 10 millions d’euros en 2025.
Les syndicats répondent que le Crédit mutuel, propriétaire d’Ebra, affiche un bénéfice net de 4,8 milliards d’euros.
Le mouvement s’ajoute à un autre plan dans la presse régionale : Ouest-France prévoit de supprimer 156 postes, dont 116 dans ses rédactions, comme nous l’avons détaillé fin septembre.
La consultation des instances court jusqu’à fin novembre
Selon Lyon Capitale, la procédure d’information-consultation se poursuit jusqu’à la fin novembre 2026. Les discussions entre direction et syndicats doivent continuer, sans autre calendrier public.
























