À retenir
- Le plan Efficience 2 vise 15 millions d’euros d’économies par an et une baisse d’environ 10 % de la masse salariale
- Aucun licenciement annoncé : CDD non renouvelés et départs en retraite non remplacés, selon une source syndicale citée par l’AFP
- Le quotidien rennais a perdu 8,9 millions d’euros en 2025, après cinq exercices dans le rouge
- La consultation du comité social et économique court jusqu’au 17 novembre
Au sommaire
Ouest-France n’avait jamais touché à ses journalistes. Le premier quotidien du pays par la diffusion prévoit désormais de supprimer 156 postes, dont 116 dans ses rédactions, selon une dépêche AFP publiée jeudi 24 septembre qui s’appuie sur une source syndicale.
Le projet a été présenté aux élus du personnel le jeudi 17 septembre, en comité social et économique. Sollicitée par l’agence, la direction a refusé tout commentaire, disant vouloir « réserver notre parole à l’interne » pendant la procédure.
Efficience 2 doit ramener Ouest-France à l’équilibre en 2028
Le plan porte un nom : Efficience 2. Lancé par la direction à l’automne 2025, il n’avait jusqu’ici jamais été traduit en nombre de postes.
L’objectif est chiffré. Le groupe veut alléger ses charges de 15 millions d’euros par an et retrouver l’équilibre financier d’ici à 2028. La masse salariale doit reculer d’environ 10 %, et le projet mise aussi sur des réorganisations et sur l’intelligence artificielle pour gagner en productivité.
Les départs seraient uniquement naturels. Les contrats à durée déterminée ne seraient pas reconduits et les salariés partant à la retraite ne seraient pas remplacés.
Secrétaires et assistants de rédaction en première ligne
L’intersyndicale CFDT, CGT, FO et SNJ a répondu par un tract et des appels à des assemblées générales. Elle y parle d’un plan social qui ne dit pas son nom.
Les syndicats pointent deux métiers en particulier. Plus d’un secrétaire de rédaction sur cinq et plus d’un tiers des assistants de rédaction verraient leur poste disparaître, ce qui fait craindre une dégradation des conditions de travail pour ceux qui restent.
Vanessa Ripoche, journaliste et déléguée SNJ du quotidien, décrit auprès de l’AFP une rédaction sous le choc : « Les gens sont assez choqués. » Elle souligne qu’un plan de cette ampleur est une première dans l’histoire du journal.
L’avis des représentants du personnel reste consultatif. La procédure d’information-consultation s’achève le 17 novembre.
600 000 exemplaires par jour, mais cinq ans de pertes
Installé à Rennes, présent en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire, Ouest-France a écoulé près de 600 000 exemplaires par jour en moyenne en 2025, ventes numériques comprises. C’est davantage que Le Monde ou Le Figaro.
Ce volume ne suffit plus. Les ventes papier reculent de 5 à 6 % chaque année et le numérique ne compense pas encore cette érosion.
S’y ajoutent un marché publicitaire atone et, selon le journal, la reprise de ses contenus par les grandes plateformes sans rémunération jugée équitable. Le groupe s’est aussi fortement endetté ces dernières années.
Hit West et Océane FM cédées le même jeudi
Le 17 septembre, jour de la présentation du plan en CSE, le groupe Sipa Ouest-France bouclait aussi une autre opération. Le Groupe 1981 confirmait le rachat de Hit West, Océane FM et Clazz, trois radios jusque-là détenues par le groupe de presse.
La direction promet de tout faire pour protéger les emplois permanents. Elle veut éviter un plan social comparable à ceux annoncés chez Centre France, éditeur de La Montagne, ou chez Prisma Media, qui avait annoncé en mars la suppression de 261 postes dans ses magazines.






















