À retenir
- Martin Ajdari, patron du régulateur de l’audiovisuel, annonce dans La Tribune Dimanche du 3 octobre que son institution réfléchit à de nouvelles règles pour la campagne de 2027.
- Les podcasts échappent au pluralisme politique et à l’égalité du temps de parole imposés à la radio et à la télévision ; seul le silence électoral s’y applique.
- Certaines audiences de créateurs rivalisent avec des chaînes de la TNT, selon lui ; l’objectif affiché est l’honnêteté et l’équité, sans copier le cadre des médias classiques.
Martin Ajdari, président de l’Arcom, a indiqué samedi 3 octobre, dans un entretien à La Tribune Dimanche, que le régulateur réfléchit à de nouvelles règles pour les podcasts politiques avant la présidentielle de 2027.
Ajdari compare Gaspard G et Hugo Décrypte à des chaînes de la TNT
Le constat de départ tient en une lacune. Les podcasts et les émissions de créateurs en ligne échappent aux obligations de pluralisme et d’égalité du temps de parole qui encadrent l’audiovisuel traditionnel. Seul le silence électoral leur est déjà applicable.
Pour justifier cette réflexion, Martin Ajdari souligne le poids de ces formats. Certains réunissent des audiences comparables à celles de chaînes de la TNT. Il cite notamment Gaspard G et Hugo Décrypte, qui cumulent plusieurs millions d’abonnés sur YouTube.
Le régulateur n’évoque pas de calquer le cadre de la télévision. Il parle de garantir honnêteté et équité.
Radio et télévision : un tiers du temps à l’exécutif, équité pour le reste
Le contraste avec l’audiovisuel classique est net. D’après la page de l’Arcom consacrée aux temps de parole, les services de radio et de télévision qui traitent de la campagne sont suivis de près. Hors période électorale, l’exécutif reçoit un tiers du temps d’intervention total ; le reste obéit à un principe d’équité.
En période électorale, les règles se durcissent : l’Arcom veille à l’égalité stricte entre les candidats à une présidentielle.
Le régulateur a déjà resserré son décompte. Depuis le 1er octobre, les interventions diffusées entre minuit et 6 heures ne comptent plus dans le temps de parole politique des télévisions et des radios.
Côté numérique, il avait franchi un premier pas en février : il avait jugé recevable une plainte visant le podcast « 10 000 pas », une première pour un contenu audio natif en ligne.
Ni texte ni calendrier : l’Arcom en est à la réflexion
À l’heure où nous publions, aucun texte ni calendrier n’est rendu public. La forme de ces règles, recommandation, engagement des créateurs ou disposition légale, n’est pas précisée à ce stade.
L’enjeu est concret pour la campagne présidentielle : des créateurs qui touchent des millions de personnes peuvent recevoir des responsables politiques sans qu’aucun compteur de temps de parole ne tourne.
























