Pénurie de carburant : Sarthe et Bas-Rhin en tête, 1 636 stations à sec lundi soir

Au-dessus de 2,25 € le litre de gazole, à peine une station sur cent manque de carburant. La carte officielle des ruptures permet de vérifier avant de prendre la route.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
7 min de lecture

À retenir

  • Le flux officiel du ministère de l’Économie recense 16,7 % de points de vente privés d’au moins un produit, lundi 21 septembre à 21 heures.
  • Le Lot, la Sarthe et le Bas-Rhin dépassent 26 % de pompes touchées ; la Creuse et le Jura restent sous 4 %.
  • Les stations qui affichent le gazole à 2,25 € ou moins sont à sec dans 43 % des cas, contre 1 % au-dessus de ce prix.
  • Roland Lescure écarte toute baisse générale des taxes et promet une aide automatique aux gros rouleurs au 1er octobre.
Au sommaire
  1. Sarthe, Bas-Rhin, Lot : plus d’un quart des pompes en rupture
  2. À 2,25 € le gazole, quatre stations sur dix sont à sec
  3. Vérifier une station sur prix-carburants.gouv.fr avant de rouler
  4. Roland Lescure écarte une baisse générale des taxes

Une station-service sur six en France manquait d’au moins un carburant lundi 21 septembre à 21 heures. D’après le flux instantané du ministère de l’Économie, mis à jour toutes les dix minutes, 1 636 points de vente sur 9 801 signalaient une rupture temporaire déclarée depuis le 14 septembre.

Le chiffre recoupe celui avancé le matin même par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sur France Inter : 17 % des stations en pénurie d’au moins un produit.

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Sarthe, Bas-Rhin, Lot : plus d’un quart des pompes en rupture

La carte est très inégale. Rapporté au nombre de stations de chaque département, le manque touche surtout le Grand Est, l’Ouest et une partie de l’Occitanie.

Voici les départements les plus et les moins touchés à 21 heures, calculés à partir des déclarations des stations :

DépartementStations en rupturePart du réseau
Lot18 sur 6428,1 %
Sarthe26 sur 9726,8 %
Bas-Rhin39 sur 14626,7 %
Yvelines36 sur 14125,5 %
Haut-Rhin29 sur 11425,4 %
Gironde52 sur 22523,1 %
Creuse1 sur 333 %

En nombre brut, la Gironde arrive en tête avec 52 stations, devant les Bouches-du-Rhône (44) et la Haute-Garonne (40). Le Territoire de Belfort affiche le taux le plus élevé, 7 stations sur 18, mais sur un réseau trop petit pour être comparé.

Le gazole manque dans 993 stations, soit une sur dix. Pour 935 d’entre elles, la rupture a été déclarée depuis jeudi 17 septembre : le phénomène s’est emballé en quatre jours. Le SP98 est le carburant le plus touché, absent de 1 190 stations, devant l’E10 (990) et le SP95 (282).

À 2,25 € le gazole, quatre stations sur dix sont à sec

Le prix explique presque tout. Depuis le 22 juillet, TotalEnergies plafonne ses tarifs à 1,99 € le litre d’essence et 2,25 € le gazole, alors que la moyenne nationale du gazole atteint 2,39 € lundi dans les stations qui ont mis leur prix à jour.

Les automobilistes se reportent donc massivement vers les pompes les moins chères. Selon Roland Lescure, 91 % des stations en rupture appartiennent au réseau TotalEnergies.

Les données officielles le confirment sans passer par les enseignes. Parmi les 1 020 stations qui affichent un gazole à 2,25 € ou moins, 442 signalent au moins une rupture, soit 43 %. Au-dessus de ce prix, elles ne sont que 88 sur 7 211, un peu plus de 1 %.

Autrement dit, le carburant ne manque pas en France : il manque là où il est le moins cher.

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Vérifier une station sur prix-carburants.gouv.fr avant de rouler

Le site public prix-carburants.gouv.fr affiche, station par station, les carburants disponibles et ceux en rupture. Ces données sont publiques et reprises par des applications de comparaison de prix.

  1. Chercher par commune ou le long d’un itinéraire, pas seulement à proximité immédiate.
  2. Regarder la date de début de rupture : une pompe à sec depuis dix minutes a peu de chances d’être réapprovisionnée dans l’heure.
  3. Comparer le détour au surcoût : payer 2,39 € au lieu de 2,25 € revient à 7 € de plus sur un plein de 50 litres.

Ces informations restent déclaratives. Une station peut tarder à signaler une livraison ou une cuve vide, et le flux officiel ne dit rien de la longueur de la file d’attente.

Faire le plein « au cas où » aggrave le problème : chaque passage vide les cuves des stations les moins chères plus vite que les camions-citernes ne les remplissent.

Roland Lescure écarte une baisse générale des taxes

Sur l’approvisionnement, le ministre s’est voulu rassurant : la France n’a « pas d’enjeu d’approvisionnement à ce stade », et il n’y a « pas d’inquiétude » pour les deux mois qui viennent, a-t-il affirmé sur France Inter. Les ruptures relèvent de la livraison des stations, pas des stocks.

Il a en revanche fermé la porte à une baisse générale de la fiscalité sur les carburants. Le gouvernement privilégie une aide automatique aux gros rouleurs à partir du 1er octobre, versée sans nouvelle démarche à ceux qui ont déjà touché l’aide précédente.

Début septembre, le gouvernement avait convoqué les distributeurs de carburant après le passage du gazole à 2,29 €. Par ailleurs, 1,5 million d’ayants droit n’ont pas réclamé les 100 € de l’aide actuelle, dont le délai de demande expire le 30 septembre.

De son côté, TotalEnergies a indiqué fin août maintenir son plafonnement tant que durera le conflit au Moyen-Orient. Tant que l’écart de prix persiste, la pression sur ses stations a peu de chances de retomber.

À lire également : Incendie à Salles-d’Aude : 15 hectares brûlés, l’A9.

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