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Instinct : cet assistant IA lit vos emails et inquiète sur la confidentialité

Instinct, agent IA en test privé, gère emails et rendez-vous par texto mais collecte captures d'écran et localisation, alerte TechCrunch.

Journaliste — Publié le
6 min de lecture
Instinct : cet assistant IA lit vos emails et inquiète sur la confidentialité
Photo : Towfiqu barbhuiya / Pexels

Un agent IA baptisé Instinct promet de gérer vos emails, vos rendez-vous et vos réservations depuis un simple texto. Selon TechCrunch, le service accède aussi aux captures d’écran, à la localisation et aux frappes clavier de ses utilisateurs. Encore en test privé aux États-Unis, il suscite déjà de vives critiques sur la protection des données.

À retenir

  • Instinct, agent IA fondé par Noah Shinn, ex-chercheur de Sierra, accède aux emails, calendriers et captures d’écran
  • Ses conditions d’utilisation prévoient une licence perpétuelle et irrévocable sur les données pour entraîner ses modèles
  • Des testeurs rapportent des e-mails envoyés sans validation et des données conservées après déconnexion
  • Kleiner Perkins et Conviction ont investi dans la startup, encore réservée à quelques invités
Au sommaire
  1. Un agent qui prend le contrôle de votre smartphone
  2. Des conditions d’utilisation qui donnent des sueurs froides
  3. Un tel assistant serait-il autorisé en France ?
  4. Instinct face aux assistants IA déjà installés

Un agent qui prend le contrôle de votre smartphone

Instinct fonctionne par SMS, appel ou WhatsApp. L’utilisateur lui parle comme à un assistant humain, et l’agent exécute la tâche à sa place.

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Réserver un restaurant, gérer une boîte mail surchargée, négocier une facture, organiser un vol : la startup Spear Street Technology, basée à San Francisco, vise l’automatisation complète du quotidien numérique.

Pour y parvenir, Instinct se connecte directement aux applications et aux appareils de l’utilisateur. Il peut lire les messages, consulter l’agenda et, selon les témoignages recueillis par TechCrunch, accéder aux mouvements de curseur, à l’audio et à la position géographique.

Une capacité comparable à celle des agents que déploie désormais OpenAI dans ChatGPT, aujourd’hui financé par la publicité, mais poussée plus loin encore dans l’intrusion.

Des conditions d’utilisation qui donnent des sueurs froides

C’est surtout le contrat signé par les utilisateurs qui interroge. Les conditions générales accordent à Instinct une licence « perpétuelle et irrévocable » pour accéder, stocker et reproduire les données afin d’entraîner ses modèles.

L’agent peut également conclure des accords contraignants au nom de la personne qui l’utilise, sans validation systématique préalable.

Plusieurs incidents ont déjà été signalés : un refus initial de supprimer des échanges Gmail, des données conservées en clair après déconnexion, et un accès à des codes de connexion directement récupérés dans la messagerie.

Des testeurs évoquent aussi une vulnérabilité au hameçonnage, un risque qui n’est pas sans rappeler l’arnaque par mail ayant visé des milliers d’étudiants d’Aix-Marseille cet été.

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Interrogée par TechCrunch, l’investisseuse Katie Jacobs Stanton résume le compromis proposé aux utilisateurs : on échange sa confidentialité contre des outils ultra-personnalisés. L’analyste Michael Mignano va plus loin, estimant que ce type de produit va redéfinir les normes de sécurité numérique.

Un tel assistant serait-il autorisé en France ?

Instinct reste pour l’instant un produit américain, en accès privé et sans lancement public annoncé. Son modèle économique et son prix ne sont pas encore communiqués.

Un service aussi intrusif se heurterait toutefois au cadre du RGPD s’il souhaitait s’implanter en France : consentement explicite, finalité précise de chaque collecte et droit à l’effacement réel des données sont des obligations que la CNIL surveille de près sur les outils d’intelligence artificielle.

Les incidents déjà recensés outre-Atlantique — conservation de données après déconnexion, refus de suppression — correspondraient, en l’état, à des manquements sanctionnables sous ce régime européen.

Instinct face aux assistants IA déjà installés

La promesse d’Instinct tranche avec celle des assistants déjà passés au crible dans notre comparatif IA, encore cantonnés à des tâches plus encadrées dans leurs propres applications.

En se connectant directement aux comptes personnels par SMS ou appel, l’agent de Spear Street Technology va plus loin que les assistants conversationnels classiques, au prix d’une surface d’exposition des données nettement plus large.

Faute de disponibilité en France et de tarification publique, l’outil reste pour l’instant réservé à une poignée de testeurs américains invités par cooptation.

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