Anthropic, la société qui édite l’assistant IA Claude, a entamé des discussions avec Samsung pour concevoir une puce sur mesure, selon des informations de The Information relayées par TechCrunch. L’entreprise américaine chercherait ainsi à réduire sa dépendance aux processeurs Nvidia. Rien n’est encore signé, mais la démarche confirme l’ampleur de la course aux puces IA propriétaires.
L’essentiel
- Anthropic explore la gravure en 2 nanomètres de Samsung pour une future puce IA
- Aucun design final ni calendrier de production n’a été arrêté, selon TechCrunch
- OpenAI a déjà dévoilé Jalapeño, sa puce d’inférence conçue avec Broadcom, fin juin 2026
- La Corée du Sud vient d’annoncer 880 milliards de dollars pour ses semi-conducteurs
Les discussions porteraient sur les usines de semi-conducteurs les plus avancées de Samsung, gravées en 2 nanomètres, ainsi que sur ses capacités de packaging avancé.
Ni le design, ni la charge de travail visée, ni les performances de cette éventuelle puce n’ont été arrêtés à ce stade, précise TechCrunch.
L’information a également été reprise par Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier.
Sollicitée sur le sujet, Anthropic n’a confirmé aucun partenariat avec Samsung. L’entreprise affirme simplement qu’un socle matériel diversifié, mêlant puces Nvidia, TPU de Google et processeurs Trainium d’Amazon, restera central dans sa stratégie de calcul.
Signe que le sujet est pris au sérieux en interne : Clive Chan, un ancien ingénieur de l’équipe de conception de puces d’OpenAI, a rejoint Anthropic pour bâtir son expertise matérielle.
Pourquoi Anthropic veut sa propre puce
Faire tourner le nouveau modèle Claude Sonnet 5 lancé fin juin coûte cher en puissance de calcul.
Les processeurs Nvidia dominent toujours le marché de l’entraînement et de l’inférence des grands modèles de langage.
Mais leur prix élevé et leur disponibilité limitée poussent les géants de l’IA à chercher des alternatives sur mesure, taillées pour leurs propres modèles.
Une puce interne permettrait à Anthropic de mieux maîtriser ses coûts à mesure que l’usage de Claude explose, chez les particuliers comme dans les entreprises.
Elle réduirait aussi sa dépendance à un fournisseur unique, dans un marché où les meilleures puces Nvidia restent rares et très demandées.
Une guerre des puces IA qui s’intensifie
Anthropic n’est pas seule sur ce terrain.
Fin juin, OpenAI a dévoilé Jalapeño, sa première puce d’inférence conçue avec Broadcom, avec la promesse de réduire ses coûts de calcul de moitié.
Google a de son côté lancé ses propres processeurs TPU 8 pour concurrencer les GPU Nvidia, tandis qu’Amazon mise sur ses puces Trainium pour AWS.
Cette course à l’indépendance matérielle profite aussi à Samsung, qui cherche à combler son retard face au taïwanais TSMC sur la gravure fine.
Le gouvernement sud-coréen a d’ailleurs annoncé fin juin un plan d’investissement de 880 milliards de dollars dans les semi-conducteurs, les data centers et l’IA, avec Samsung en première ligne.
Ce mouvement illustre un basculement stratégique du secteur : les éditeurs de modèles d’IA ne veulent plus seulement concevoir des algorithmes, ils veulent aussi contrôler le silicium qui les fait tourner.
Pour les utilisateurs, l’enjeu est indirect mais réel. Des puces plus efficaces et moins coûteuses pourraient, à terme, se traduire par des tarifs d’abonnement IA plus accessibles. De quoi nourrir aussi le comparatif IA entre ChatGPT, Gemini et Claude, chacun désormais engagé dans sa propre bataille du matériel.

