Meta a testé ChatGPT et Gemini avec de faux comptes ados

Des sous-traitants de Meta ont créé de faux comptes de mineurs pour tester ChatGPT, Gemini et Character.AI sur des sujets sensibles comme le suicide et les troubles alimentaires.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Meta a testé ChatGPT et Gemini avec de faux comptes ados
Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

Des sous-traitants employés par Meta ont créé des milliers de faux comptes présentés comme appartenant à des adolescents pour tester les réponses de ChatGPT, Gemini et Character.AI sur des sujets sensibles, révèle une enquête de Wired. Baptisée en interne « Cannes », cette opération aurait généré plus de 45 000 requêtes sans que les entreprises concernées en soient informées.

À retenir

  • L’opération, baptisée « Cannes », a été confiée au prestataire Covalen
  • Plus de 45 000 prompts envoyés en un seul cycle à ChatGPT, Gemini et Character.AI
  • Les questions portaient sur le suicide, les troubles alimentaires, la sexualité et les drogues
  • OpenAI, Google et Character.AI affirment n’avoir jamais donné leur accord

Pendant plusieurs mois, des employés d’un prestataire de Meta se sont fait passer pour des adolescents afin de sonder les limites de sécurité des chatbots concurrents.

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L’enquête, publiée fin juin par Wired, détaille comment cette opération interne a ciblé ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google et Character.AI.

Le prestataire chargé de la mission, Covalen, aurait fait créer des centaines de faux comptes indiquant un âge inférieur à 18 ans.

Ces profils fictifs auraient ensuite envoyé des messages construits pour pousser les IA rivales à répondre à des questions que leurs propres filtres sont censés bloquer.

Un seul cycle de tests, achevé à l’été 2025, aurait rassemblé plus de 45 000 requêtes, selon les documents consultés par le magazine.

Une partie de ces échanges portait sur le suicide et l’automutilation.

D’autres abordaient les troubles alimentaires, la sexualité ou la consommation de drogues, avec parfois des photos de médicaments ou d’objets tranchants en appui des messages.

Comment Meta justifie ces tests secrets

Interrogée par Wired, l’entreprise ne dément pas l’existence du programme.

Elle le présente comme une pratique courante du secteur, destinée à vérifier si des IA concurrentes tiennent leurs promesses de sécurité pour les mineurs.

Aucune des trois entreprises visées n’aurait été prévenue ni consultée avant le lancement de ces tests.

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Character.AI affirme que ce procédé viole ses conditions d’utilisation.

Google dit n’avoir jamais approuvé une telle démarche et ignorer l’usage qui a été fait des réponses collectées. OpenAI indique de son côté examiner le dossier.

Quelles conséquences pour la régulation de l’intelligence artificielle

Cette révélation arrive alors que l’Union européenne resserre son calendrier sur l’AI Act, avec une réduction de la période de transition sur la transparence des contenus.

En France, aucune autorité n’a encore été officiellement désignée pour superviser l’application du texte.

La CNIL devrait intervenir en coordination avec la DGCCRF, pressentie comme point de contact unique.

L’affaire relance surtout le débat sur la protection des mineurs face aux chatbots conversationnels, un sujet déjà sensible après plusieurs signalements similaires outre-Atlantique.

Pour comparer les principaux assistants aujourd’hui disponibles, notre comparatif complet entre ChatGPT, Gemini et Claude détaille leurs forces et leurs limites respectives.

Ni Meta ni Covalen n’ont précisé si l’opération « Cannes » se poursuit actuellement.

À retenir

  • Meta a fait tester ChatGPT et Gemini par de faux comptes d’ados
  • Plus de 45 000 prompts sensibles envoyés en un seul cycle
  • OpenAI, Google et Character.AI disent ne pas avoir consenti

Pour aller plus loin : notre dossier complet sur ChatGPT et l'IA d'OpenAI.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.