Cloudflare a annoncé mercredi une nouvelle politique qui obligera les intelligences artificielles à séparer leurs robots de recherche de leurs robots d’entraînement. À partir du 15 septembre 2026, les crawlers IA « à usage mixte » seront bloqués par défaut sur tous les sites qui affichent de la publicité, sauf réglage contraire de l’éditeur.
L’essentiel
- Cloudflare bloquera par défaut les crawlers IA à usage mixte dès le 15 septembre 2026
- La mesure vise les robots qui mélangent recherche, IA générative et entraînement de modèles
- Google est visé indirectement pour son accès jugé privilégié aux contenus
- Un système baptisé « Pay Per Use » doit rémunérer les éditeurs à la valeur réellement générée
Le géant américain de l’infrastructure web change les règles du jeu pour des millions de sites qu’il protège dans le monde, dont beaucoup en France.
Jusqu’ici, de nombreux robots d’IA se faisaient passer pour de simples moteurs de recherche. Ils aspiraient au passage le contenu des éditeurs pour entraîner leurs modèles, sans distinction claire d’usage.
Pourquoi Cloudflare serre la vis maintenant
Selon Matthew Prince, cofondateur et patron de Cloudflare, le trafic non humain a désormais dépassé le trafic humain sur l’ensemble d’Internet. Un cap que personne n’attendait avant 2027.
L’entreprise reproche en creux à Google de profiter d’une position dominante. Le moteur de recherche continuerait d’accéder à environ deux fois plus de contenu que ses concurrents IA, faute d’alternative crédible pour les éditeurs qui veulent rester visibles dans les résultats.
Google se défend en rappelant l’existence de Google Extended, un robot dédié qui permet de refuser l’entraînement sans perdre son référencement classique. Mais son robot principal, Googlebot, continue lui de nourrir aussi bien la recherche que les fonctionnalités IA comme les aperçus générés.
Cloudflare protège une part considérable du trafic mondial, ce qui donne un poids réel à cette bascule des réglages par défaut. Les éditeurs qui ne modifient rien basculeront automatiquement vers ce blocage à la rentrée.
Ce que ça change pour les éditeurs et les lecteurs
Concrètement, les sites concernés pourront exiger un paiement dès que leur contenu est réellement exploité par une IA, et non plus seulement lorsqu’il est aspiré au passage.
Cloudflare lance ce nouveau modèle, baptisé « Pay Per Use », avec deux premiers partenaires : Ceramic.ai et You.com. Chaque fois que le contenu d’un éditeur apparaît dans leurs résultats, celui-ci touche une part.
La mesure devrait aussi soulager la bande passante des sites concernés. Plus de la moitié du trafic des robots IA consisterait à re-scanner des pages qui n’ont pourtant pas changé, selon les données internes de Cloudflare.
Ce système prolonge un outil lancé un an plus tôt par l’entreprise, baptisé Pay Per Crawl, qui permettait déjà de facturer certains robots à chaque passage. « Pay Per Use » va plus loin en liant la rémunération à l’usage effectif du contenu, pas seulement à sa collecte.
Pour les petits éditeurs indépendants, sans service juridique capable de négocier avec chaque acteur de l’IA un par

