Google a investi environ 75 millions de dollars dans A24, le studio indépendant qui a produit le multi-oscarisé Everything Everywhere All at Once. C’est la première fois que le géant de la recherche en ligne entre au capital d’un studio de cinéma. Objectif affiché : développer, avec sa filiale DeepMind, des outils d’intelligence artificielle pensés pour les réalisateurs.
L’essentiel
- Google injecte près de 75 millions de dollars dans le studio A24, sa première prise de participation dans le cinéma
- Sa filiale DeepMind co-développera des outils d’IA pour la production de films
- Premier chantier annoncé : des storyboards générés par intelligence artificielle
- L’accord, non exclusif, ne donne pas à Google accès au catalogue d’A24
L’annonce est tombée lundi 22 juin. Google et le studio new-yorkais A24 ont scellé un partenariat de recherche que les deux camps présentent comme inédit, selon TechCrunch.
Le groupe prend une participation estimée à environ 75 millions de dollars, soit près de 70 millions d’euros. Un montant comparable à celui placé par le fonds Thrive Capital lors de la dernière levée du studio, d’après le Wall Street Journal.
Pour Google, l’enjeu n’est pas d’abord financier. Il s’agit de confronter ses modèles d’IA à des créateurs exigeants, dans un secteur où l’image fabriquée par machine reste un sujet explosif.
Le groupe n’est pas seul sur ce terrain. La course aux outils de vidéo générée par IA s’est emballée ces derniers mois, portée autant par les géants que par de jeunes pousses spécialisées.
Pourquoi Google s’offre une part d’un studio de cinéma
Le partenariat, pluriannuel et non exclusif, fonctionne dans les deux sens. A24 obtient un accès à la recherche et à l’infrastructure de DeepMind.
En retour, les chercheurs de Google récupèrent les retours d’artistes confirmés pour affiner leurs modèles.
« Nous pensons que la meilleure façon de concevoir des outils utiles aux artistes, c’est de travailler directement avec eux », a résumé Demis Hassabis, patron de DeepMind, cité par TechCrunch.
Point sensible pour le studio : l’accord ne donne pas à Google accès à son catalogue de films ni à ses données. Une garantie destinée à rassurer un milieu échaudé par l’usage des œuvres pour entraîner les IA.
Des storyboards par IA, premier chantier concret
Le travail sera piloté côté studio par A24 Labs, une équipe d’une vingtaine de personnes menée par Scott Belsky, ancien dirigeant d’Adobe.
Premier projet identifié : la génération de storyboards, ces croquis qui aident les réalisateurs à planifier leurs plans avant le tournage. On est loin, donc, du film entièrement fabriqué par une IA.
Les nouveaux outils « n’auront rien à voir » avec l’IA générative sur simple commande « qui met les gens mal à l’aise », a assuré Scott Belsky au Wall Street Journal, en insistant sur le maintien du contrôle créatif.
Hollywood et l’Europe face au virage IA
Le mouvement dépasse largement A24. Netflix a racheté plus tôt cette année InterPositive, la société d’outils IA de Ben Affleck, tandis qu’Amazon a doté son studio MGM d’une cellule dédiée à l’intelligence artificielle.
En Europe, ce virage se heurte à un cadre plus strict. Le règlement sur l’IA, l’AI Act, impose des obligations de transparence sur les contenus générés, et les organisations d’auteurs réclament des garde-fous sur l’exploitation des œuvres.
Google, qui pousse déjà son assistant Gemini face à ChatGPT et Claude, étend ainsi son influence à la création visuelle. Reste à voir si les cinéastes suivront.
À retenir
- Google entre au capital d’A24 pour environ 75 millions de dollars
- DeepMind et le studio bâtiront des outils d’IA pour cinéastes
- Premier chantier : des storyboards générés par IA, validés par les artistes

