Sam Altman admet s’être trompé : l’IA ne détruit pas les emplois

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Photo : ThisIsEngineering / Pexels

Le patron d’OpenAI Sam Altman a fait son mea culpa mardi 26 mai à Sydney : la vague de licenciements massive qu’il anticipait dans les bureaux n’a finalement pas eu lieu. « Je suis ravi de m’être trompé », a lancé le dirigeant, qui pariait sur une disparition rapide des postes juniors en col blanc.

L’aveu est tombé devant un parterre de financiers australiens. Invité virtuel d’une conférence de la Commonwealth Bank of Australia animée par son directeur général Matt Comyn, Sam Altman a admis que ses prévisions sur l’impact social de l’IA s’étaient révélées trop alarmistes.

« Je pensais qu’il y aurait davantage de postes débutants de cols blancs supprimés à ce stade. Cela ne s’est pas produit », a reconnu le patron d’OpenAI, cité par Euronews et l’agence économique PYMNTS.

Le dirigeant maintient toutefois qu’il avait vu juste sur le plan strictement technologique. Sa boussole s’est en revanche égarée, dit-il, sur les conséquences sociales et économiques de la diffusion de ChatGPT.

« Ravi de m’être trompé » : Altman corrige ses prédictions

Sam Altman avait multiplié les déclarations apocalyptiques depuis 2022. Le fondateur d’OpenAI annonçait alors une « compression » accélérée du marché de l’emploi, prédisant que l’IA ferait basculer en quelques années des cycles d’évolution professionnelle qui s’étalaient sur 75 ans.

Le service client était présenté comme le premier domino à tomber. « Beaucoup de personnes qui font aujourd’hui du support téléphonique ou informatique perdront leur emploi », affirmait-il encore récemment.

Quatre ans après le lancement de ChatGPT, le constat est plus nuancé. Le patron d’OpenAI évoque désormais « une partie humaine » du travail qui résiste à l’automatisation, et écarte clairement le scénario d’une « jobs apocalypse » brandi par certains de ses concurrents.

Ce revirement intervient dans un contexte économique tendu pour OpenAI, qui doit justifier auprès de ses investisseurs des dépenses colossales en infrastructures. La société rivale Anthropic vient elle aussi de franchir un cap, avec un chiffre d’affaires record sur le deuxième trimestre.

L’emploi français face à l’IA : la réalité contraste avec les craintes

En France, les chiffres officiels donnent en partie raison à la nouvelle prudence d’Altman. L’emploi salarié dans les activités informatiques et les services d’information a reculé de 3 % entre fin 2023 et fin 2025, selon l’Indeed Hiring Lab.

Mais cette baisse ne signe pas un effondrement généralisé. Elle concerne d’abord les 15-29 ans hors alternants, c’est-à-dire les profils juniors que ciblaient les prédictions d’Altman.

Le chômage des moins de 25 ans atteignait 21,5 % au quatrième trimestre 2025, un niveau préoccupant mais pas inédit. Les jeunes diplômés observent une raréfaction des missions répétitives de rédaction, de saisie ou de développement basique, sans pour autant disparaître du marché.

Les usages de l’IA en France progressent d’ailleurs sans détruire massivement de postes. Une étude publiée cette semaine sur les usages français de l’intelligence artificielle montre une adoption rapide mais essentiellement en complément du travail humain.

Les déploiements grand public se multiplient également. Amazon a par exemple lancé Alexa+ en France avec Mistral AI, un assistant pensé pour assister les utilisateurs plutôt que les remplacer dans leur métier.

À retenir

  • Sam Altman admet à Sydney avoir surestimé les destructions d’emplois par l’IA.
  • Les postes juniors en col blanc devaient tomber en premier : ce n’est pas le cas.
  • En France, l’emploi informatique recule de 3 % depuis fin 2023, principalement chez les jeunes.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.