Gabriel Attal est au cœur d’une polémique qui enfle dans son propre camp. Révélée par La Tribune Dimanche et reprise par Le Parisien et RMC-BFMTV, l’affaire est simple : l’ancien Premier ministre aurait discrètement repris le contrôle d’anciens comptes de soutien à Emmanuel Macron créés en 2022, rebaptisés depuis en « Attal président ». Des partisans de l’actuel chef de l’État se retrouvent ainsi abonnés à sa campagne sans l’avoir demandé. Et ça agace : certains macronistes qualifient l’opération de « mesquin et idiot ».
L’opération est audacieuse, peut-être trop. Alors que Gabriel Attal venait tout juste d’officialiser sa candidature à l’Élysée, le 22 mai à Mur-de-Barrez en Aveyron, La Tribune Dimanche révèle en premier qu’il aurait simultanément pris le contrôle de comptes de réseaux sociaux initialement créés pour soutenir la campagne d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2022. Le Parisien et RMC-BFMTV ont depuis confirmé et enrichi l’information.
Ces comptes auraient été rebaptisés « Attal président », leurs logos et mentions remplacés, mais leurs communautés d’abonnés intégralement conservées. Résultat : des milliers de sympathisants macronistes se retrouvent désormais, sans l’avoir choisi, abonnés aux pages de campagne de son successeur désigné.
« Mesquin et idiot » : les macronistes montent au créneau
La manœuvre irrite au sein même de la famille politique d’Attal. Selon RMC-BFMTV, des proches de Macron n’ont pas mâché leurs mots pour qualifier l’opération, la jugeant « mesquine et idiote ». Une sortie qui trahit un malaise réel entre l’Élysée et celui qui entend pourtant se présenter comme l’héritier naturel du macronisme.
L’Élysée aurait d’ailleurs indiqué, interrogée par des journalistes, ne pas avoir été mise au courant du transfert de comptes. Une mise à distance qui n’augure rien de bon pour les relations entre les deux hommes à l’aube d’une campagne présidentielle.
50 000 abonnés sur X, 35 000 sur Instagram dès le lancement
Les pages concernées afficheraient déjà plus de 50 000 abonnés sur X et environ 35 000 sur Instagram — une base de départ conséquente pour une candidature qui ne fait que commencer. Ce démarrage en fanfare tranche avec les débuts habituellement laborieux d’un compte politique neuf.
La question juridique reste ouverte. Si les comptes appartenaient à des structures proches de Renaissance et non à l’Élysée directement, la manœuvre pourrait être difficile à contester sur le fond. Mais récupérer une audience captive sans consentement explicite donne des arguments aux adversaires d’Attal — y compris dans son propre camp. Sa rivalité avec Édouard Philippe pour la primauté centriste n’en sort pas grandie.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Gabriel Attal se retrouve sur la corde raide sur ce sujet. En 2022, Libération l’avait déjà épinglé pour avoir mobilisé son compte de porte-parole du gouvernement au profit de la campagne Macron pendant la période de réserve électorale.
À ce stade, ni Gabriel Attal ni son équipe n’ont répondu publiquement aux révélations de La Tribune Dimanche. La polémique, alimentée par des voix internes au camp macroniste et relayée par plusieurs grands médias, risque de parasiter les premiers jours d’une campagne qui entendait frapper fort dès son lancement.
À retenir
- Info révélée par La Tribune Dimanche, confirmée par Le Parisien et RMC-BFMTV : Attal aurait recyclé des comptes de soutien à Macron en 2022 pour sa propre campagne 2027
- Les pages « Attal président » comptent déjà plus de 50 000 abonnés sur X et 35 000 sur Instagram
- Des macronistes qualifient l’opération de « mesquine et idiote » ; l’Élysée affirme ne pas avoir été prévenu
