Google : un ordi quantique peut pirater Bitcoin en 9 minutes

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Une étude publiée ce mardi par les chercheurs de Google Quantum AI change la donne pour la sécurité des cryptomonnaies. Selon CoinDesk, les machines quantiques pourraient briser le chiffrement de Bitcoin et d’Ethereum bien plus tôt que prévu — et avec beaucoup moins de ressources qu’estimé.

Le chiffre clé retenu par tous les médias spécialisés : un ordinateur quantique suffisamment puissant serait capable de cracker la clé privée d’un portefeuille Bitcoin en neuf minutes exactement, une fois la clé publique exposée. Un délai qui transforme une menace théorique en scénario opérationnel.

Vingt fois moins de qubits que prévu

Jusqu’ici, les experts estimaient que pirater Bitcoin nécessiterait plusieurs millions de qubits physiques. L’équipe de Google réduit drastiquement ce seuil : selon CoinDesk, environ 500 000 qubits physiques et 1 200 à 1 450 qubits de haute qualité suffiraient pour mener une attaque efficace.

C’est une réduction d’un facteur vingt par rapport aux estimations précédentes.

Google a utilisé une preuve à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge proof), permettant de valider les résultats sans exposer la technique exacte. Un garde-fou qui n’empêche pas la communauté crypto de réagir avec inquiétude.

6,9 millions de bitcoins en danger

Ce n’est pas toute la blockchain qui est exposée immédiatement. La vulnérabilité cible en priorité les adresses dont la clé publique est visible, notamment depuis la mise à niveau Taproot de Bitcoin.

Selon des données citées par CoinDesk, environ 6,9 millions de bitcoins — soit près d’un tiers de l’offre en circulation — seraient concernés. Au cours actuel de 66 700 dollars le bitcoin ce mardi, cela représente une exposition théorique de plus de 460 milliards de dollars.

Ethereum n’est pas épargné : selon CCN, l’exposition combinée d’Ethereum incluant portefeuilles, smart contracts, staking et couches L2 dépasse 100 milliards de dollars.

La réponse des développeurs

Ethereum a déjà lancé un programme de migration post-quantique. Les développeurs du réseau travaillent activement sur des algorithmes de chiffrement résistants aux attaques quantiques, selon CoinDesk.

Du côté de Bitcoin, la mobilisation est plus lente. Des voix influentes de l’écosystème appellent d’urgence à accélérer les travaux, avec la crainte que des acteurs étatiques capables de développer de telles machines en secret ne profitent des failles avant que des correctifs soient déployés.

Pas pour demain, mais plus si loin

La menace n’est pas immédiate. Les machines quantiques actuelles restent loin des seuils nécessaires. Mais la recherche de Google, selon Decrypt et SecurityWeek, rapproche concrètement l’horizon de menace. Celui-ci était estimé au-delà de 2035 et se rapproche désormais de la décennie à venir.

Pour les détenteurs de crypto, le message est clair : migrer les fonds vers des adresses compatibles post-quantique ne relève plus de la paranoia, mais de l’hygiène numérique.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.