Légende absolue du cinéma et fervente protectrice des animaux, Brigitte Bardot est décédée ce dimanche 28 décembre à l'âge de 91 ans dans sa propriété de Saint-Tropez, après une fin d'année marquée par des soucis de santé.
L'adieu à l'icône
C'est une page de l'histoire de France qui se tourne. La Fondation Brigitte-Bardot a annoncé ce dimanche la disparition de sa présidente, survenue dans l'intimité de sa célèbre résidence de La Madrague, à Saint-Tropez. L'actrice, qui avait fêté ses 91 ans en septembre, s'est éteinte paisiblement.
Son état de santé avait suscité de vives inquiétudes ces dernières semaines. En octobre et novembre 2025, Brigitte Bardot avait été hospitalisée à Toulon pour une intervention chirurgicale, avant d'entamer une période de convalescence qu'elle qualifiait elle-même de difficile.
La classe politique a immédiatement réagi, le président Emmanuel Macron saluant une « existence française, éclat universel » et une « légende du siècle ».
De "Et Dieu… créa la femme" au Mépris
Née le 28 septembre 1934 à Paris dans une famille bourgeoise, celle qui deviendra "BB" a révolutionné les mœurs bien avant Mai 68. Propulsée au rang de sex-symbol planétaire en 1956 avec Et Dieu… créa la femme de son premier mari Roger Vadim, elle incarne alors une liberté sexuelle inédite qui déchaîne les passions et la censure.
Durant deux décennies, elle tourne avec les plus grands maîtres, de Henri-Georges Clouzot (La Vérité) à Jean-Luc Godard, qui la sublime dans Le Mépris. Mais la gloire pèse. Traquée par les paparazzis, elle met un terme définitif à sa carrière cinématographique en 1973, à seulement 39 ans, après plus de 45 films et 70 chansons, dont les inoubliables Harley Davidson et Bonnie and Clyde signés Serge Gainsbourg.
Une vie de combats et de polémiques
Loin des plateaux, Brigitte Bardot a consacré la seconde moitié de sa vie à la cause animale. D'abord en militant contre le massacre des bébés phoques, puis en créant sa Fondation en 1986, reconnue d'utilité publique.
Cependant, son image publique s'est assombrie au fil des années en raison de prises de position radicales. Mariée depuis 1992 à Bernard d’Ormale, proche de l'extrême droite, elle a multiplié les dérapages racistes. Condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, elle visait régulièrement la communauté musulmane et avait provoqué un tollé en qualifiant les Réunionnais d'« autochtones » aux « gènes de sauvages ».
En mai 2025, elle avait brisé le silence sur BFMTV pour défendre Gérard Depardieu, réaffirmant son mépris pour le néoféminisme : « Le féminisme, ce n’est pas mon truc. Moi j’aime bien les mecs. »
Elle laisse derrière elle son fils, Nicolas-Jacques Charrier, avec qui les relations furent longtemps tumultueuses, et le souvenir d'une femme indomptable, capable du meilleur comme du pire.
