Donald Trump accepte de repousser de deux semaines sa menace d’attaquer les infrastructures iraniennes. Il se dit prêt à un cessez-le-feu si l’Iran rouvre complètement le détroit d’Ormuz. Un tournant dans le conflit qui dure depuis quarante jours.
Quelques heures avant l’expiration de son ultimatum, fixé à 20h, heure de Washington, Donald Trump a accepté la proposition du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif : un report de deux semaines de sa menace de frappes massives contre l’Iran.
La condition posée par le président américain est claire. L’Iran doit rouvrir complètement le détroit d’Ormuz — le verrou par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial en temps normal. Si Téhéran s’exécute, Trump se dit prêt à un cessez-le-feu.
Le Pakistan, pivot de la diplomatie
C’est Shehbaz Sharif qui a rendu cette ouverture possible. Le Premier ministre pakistanais, médiateur de facto entre Washington et Téhéran depuis le début du conflit, a publié mardi un appel pressant sur X demandant à Trump de prolonger son délai de deux semaines.
« Pour permettre à la diplomatie de suivre son cours, je demande sincèrement au président Trump de prolonger le délai de deux semaines », a-t-il écrit, demandant simultanément à l’Iran d’ouvrir le détroit « en geste de bonne volonté ».
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que Trump était « au courant » de la proposition et qu’une réponse « viendrait ». Selon CNN, cet accord a été conclu.
Une semaine de menaces escaladées
La journée avait pourtant commencé dans un climat de tension extrême. Le matin même, Trump avait posté sur Truth Social que « toute une civilisation mourrait cette nuit, pour ne jamais revenir » si aucun accord n’était signé. La veille, il avait promis des frappes sur les ponts et les centrales électriques de l’Iran.
Ce bras de fer autour du détroit d’Ormuz dure depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Téhéran a répondu en bloquant le passage des navires pétroliers dans le détroit, provoquant une crise énergétique mondiale sans précédent.
Le pétrole dépasse désormais 100 dollars le baril. Aux États-Unis, les prix à la pompe ont bondi de près de 39 % depuis le début des hostilités.
Des négociations dans l’impasse depuis des semaines
Depuis le 28 février, les tentatives de sortie de crise se sont succédé sans aboutir. Lundi, l’Iran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu de 45 jours soumise par des médiateurs égyptiens, pakistanais et turcs — préférant exiger une fin permanente de la guerre plutôt qu’une trêve temporaire.
Tehran avait de son côté soumis un plan en dix points incluant un protocole de réouverture d’Ormuz, la levée des sanctions et une aide à la reconstruction. Trump avait jugé ce plan « très significatif, mais pas suffisant ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU a également échoué mardi à adopter une résolution visant à coordonner la réouverture du détroit, après un veto russo-chinois.
Ce report de deux semaines ouvre une fenêtre diplomatique. Elle pourrait permettre la tenue d’une rencontre directe entre des délégués américains et iraniens — peut-être à Islamabad. Trump avait multiplié les ultimatums depuis le début du conflit, les repoussant à chaque fois au dernier moment.
La balle est désormais dans le camp iranien. Téhéran doit décider si elle accepte d’ouvrir le détroit — condition sine qua non posée par Washington pour tout cessez-le-feu. La crise du kérosène pèse déjà lourdement sur les prix des billets d’avion en Europe, et les marchés attendent avec fébrilité tout signal de désescalade.
Des incendies ont également visé des sites d’armement dans la région ces derniers jours, témoignant de l’intensité du conflit qui se poursuit malgré les négociations.









