
Une affaire de traitement illégal de plus de 26 000 tonnes de déchets issus de la Métropole Nice Côte d’Azur a conduit à la mise en examen de six personnes. Les déchets auraient été enfouis en Espagne, en dehors de tout cadre légal, pour éviter plusieurs millions d’euros de frais de traitement.
Selon les éléments communiqués par le parquet de Marseille, une enquête a révélé qu’entre mai 2021 et novembre 2023, des déchets ménagers et encombrants auraient été détournés de leur circuit réglementaire. Plutôt que d’être traités conformément aux normes françaises, ils auraient été transportés en Espagne pour y être enfouis illégalement.
Les déchets en question provenaient des services de collecte de la Métropole Nice Côte d’Azur. Leur prise en charge avait été confiée à une entreprise locale, qui s’est ensuite appuyée sur une société sous-traitante. Cette dernière est soupçonnée d’avoir organisé l’exportation frauduleuse via un transporteur ibérique, en maquillant les documents de traçabilité environnementale.
D’après les estimations issues de l’enquête, cette filière parallèle aurait permis d’éluder environ 5,5 millions d’euros de coûts liés au traitement réglementaire des déchets. Le tout au détriment des normes environnementales, les matières ayant été enfouies sans tri dans la région de Saragosse, provoquant une dégradation du site.
Six individus ont été poursuivis dans le cadre de cette affaire, dont quatre dirigeants d’entreprises et un courtier en gestion de déchets. Cinq d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire, assorti d’interdictions de gestion. Le sixième, présenté comme coordinateur des opérations, a été incarcéré.
Ce dossier s’inscrit dans une série de cas récents concernant des réseaux illégaux de transfert de déchets en Europe. Plusieurs affaires ont déjà mis en lumière les vulnérabilités du système, notamment entre la France, la Belgique et d’autres pays limitrophes.
Les autorités judiciaires soulignent l’importance d’un suivi renforcé de la traçabilité des déchets, notamment lorsque des sous-traitances successives interviennent. Cette affaire met en évidence les risques liés à un affaiblissement de la surveillance dans les filières de traitement des déchets ménagers.






