Thomas Legrand écarté de France Inter : il met en cause Sibyle Veil sur TMC

Un an après la vidéo qui a provoqué sa suspension, le chroniqueur n'est toujours pas revenu à l'antenne. Il donne sa version, la présidente de Radio France a donné la sienne.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
6 min de lecture

À retenir

  • Invité de « Quotidien » sur TMC le lundi 21 septembre 2026, émission qui a réuni jusqu’à 1,77 million de téléspectateurs et 10,3 % du public ce soir-là selon Médiamétrie, Thomas Legrand a désigné la présidente de Radio France comme responsable de son maintien hors antenne
  • Le chroniqueur avait été suspendu par France Inter le vendredi 5 septembre 2025, après la publication par L’Incorrect d’une vidéo tournée à son insu le 7 juillet 2025
  • Dans Le Monde, le 4 septembre 2026, Sibyle Veil a confirmé ne pas souhaiter son retour « dans un rendez-vous régulier »
  • Il n’a pas repris l’antenne à la rentrée de septembre 2026 et publie chez Stock « Arrêtons (vraiment) d’élire des présidents »
Au sommaire
  1. Une vidéo tournée le 7 juillet 2025 et publiée par L’Incorrect
  2. Sibyle Veil refuse son retour « dans un rendez-vous régulier »
  3. Sur TMC, Thomas Legrand dit que France Inter voulait le garder
  4. Le 21 septembre, une journée de grève restait inscrite à Radio France

Thomas Legrand n’est pas revenu à France Inter. Un an après sa suspension, l’éditorialiste attribue publiquement cette mise à l’écart à la présidente de Radio France, Sibyle Veil, qui l’assume et la justifie par la lutte contre le soupçon de connivence entre journalistes et responsables politiques.

Une vidéo tournée le 7 juillet 2025 et publiée par L’Incorrect

L’enregistrement a été réalisé le 7 juillet 2025, à l’insu des participants, et diffusé ensuite par le site L’Incorrect. On y voit Thomas Legrand, alors chroniqueur de France Inter et éditorialiste de Libération, et Patrick Cohen, chroniqueur de France Inter et de France Télévisions, attablés avec deux responsables du Parti socialiste, Luc Broussy et Pierre Jouvet.

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La séquence a nourri des accusations de connivence entre l’audiovisuel public et la gauche. La ministre de la Culture Rachida Dati, alors candidate à la mairie de Paris, a publiquement mis en cause les deux journalistes. Ceux-ci ont porté plainte après la diffusion de l’enregistrement.

France Inter a suspendu Thomas Legrand de l’antenne le vendredi 5 septembre 2025. Il n’y est pas remonté depuis.

Sibyle Veil refuse son retour « dans un rendez-vous régulier »

Un an plus tard, la présidente de Radio France a exposé sa position dans Le Monde. Selon le compte rendu publié par Puremédias le 4 septembre 2026, elle déclare : « Nous ne souhaitons pas son retour dans un rendez-vous régulier. »

Elle invoque la nécessité de combattre « le sentiment inacceptable d’une collusion entre journalistes et politiques » et pose un principe général : « Personne, ni un pouvoir, ni un journaliste, ni un dirigeant, ne dispose des antennes publiques. »

Elle répondait à une sortie de l’éditorialiste, qui avait déclaré quelques jours plus tôt dans le même quotidien avoir « servi de fusible ». Sibyle Veil estime au contraire qu’il « se fait le martyr de l’indépendance de l’audiovisuel public ».

Sur TMC, Thomas Legrand dit que France Inter voulait le garder

Le lundi 21 septembre 2026 à 19h15, Thomas Legrand était l’invité de Yann Barthès dans « Quotidien », sur TMC, pour la sortie de son livre « Arrêtons (vraiment) d’élire des présidents » chez Stock.

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Il y affirme que des responsables de France Inter souhaitaient le conserver à l’antenne, et que la décision s’est jouée au-dessus d’eux. Le titre de Puremédias, qui a rendu compte de l’entretien le 22 septembre, retient sa formule : « C’est elle qui ne voulait pas me garder. »

Sur le plateau, il continue par ailleurs de défendre la station et la décrit comme pluraliste. C’est la ligne qu’il tient depuis un an : la critique vise la direction du groupe, pas la rédaction.

Voici les cinq étapes vérifiables du dossier :

  1. 7 juillet 2025 — le déjeuner avec deux responsables du PS est filmé à l’insu des participants.
  2. 5 septembre 2025 — France Inter suspend Thomas Legrand de l’antenne.
  3. Début septembre 2026 — il déclare dans Le Monde avoir « servi de fusible ».
  4. 4 septembre 2026 — Sibyle Veil répond dans Le Monde et refuse un retour régulier.
  5. 21 septembre 2026 — il met en cause la présidente de Radio France sur TMC.

Le 21 septembre, une journée de grève restait inscrite à Radio France

Sa prise de parole tombe une journée particulière pour l’entreprise. Le 21 septembre, une journée de grève restait inscrite à Radio France, au terme d’un conflit de trois semaines sur le recrutement d’un éditorialiste.

Ce conflit-là portait sur le retrait de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, recruté fin août pour une chronique dominicale et parti après deux numéros. Les deux dossiers n’ont ni la même origine ni les mêmes acteurs, mais ils posent la même question à la même direction : qui décide de ce qui passe à l’antenne d’une radio publique.

La rentrée 2026 de France Inter a par ailleurs été mouvementée sur d’autres créneaux, avec notamment le départ de Thomas Poitevin un mois après son arrivée à la matinale. À ce jour, aucune reprise d’antenne de Thomas Legrand n’a été annoncée par Radio France.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.