Stéphane Larue
Actus

SNCF : le guide d’élégance supprimé après un tollé pour sexisme

Brouillon auto

Le groupe ferroviaire a ordonné le retrait immédiat d’un manuel de présentation destiné aux agents TGV Inoui après une vive polémique.

Alain Krakovitch, directeur de l’activité TGV-Intercités, a réagi fermement ce mercredi sur les réseaux sociaux. Il a affirmé que ce document de quarante pages ne correspondait en rien aux valeurs de l’entreprise publique et a exigé sa dépublication instantanée.

Une enquête interne a été lancée pour comprendre comment un tel contenu a pu être diffusé.

Une vision de la mode jugée archaïque

Le syndicat SUD-Rail a dénoncé avec virulence les directives contenues dans ce « guide d’élégance » daté de février 2026. L’organisation compare ces méthodes de management vestimentaire aux standards rétrogrades des années 1960.

Pour les représentants des salariés, l’apparence physique du personnel ne doit pas faire l’objet d’une telle ingérence. « Le corps des travailleurs n’est pas à la disposition de l’entreprise », a martelé le syndicat sur son compte X.

Cette levée de boucliers souligne un malaise profond face à des exigences esthétiques jugées intrusives.

Des injonctions sur le poids et le maquillage

Élaboré avec le concours d’une experte en image, le livret détaillait des préconisations morphologiques pour « rééquilibrer » les silhouettes. Les employés identifiés selon une typologie en « O » se voyaient suggérer des vêtements sombres afin d’affiner leur silhouette.

Le manuel ne se contentait pas de conseils vestimentaires globaux.

Les femmes étaient particulièrement visées par des instructions précises concernant leur routine beauté. Le texte recommandait notamment des soins spécifiques pour les lèvres à base de sucre et de miel, ainsi qu’un maquillage qualifié de subtil et maîtrisé.

Ces injonctions concernaient également la gent masculine, incitée à allonger visuellement le bas du corps par des effets d’optique.

Un précédent polémique en 2014

Ce n’est pas la première fois que le transporteur ferroviaire se retrouve au cœur d’une telle tempête médiatique. En 2014, un livret intitulé « les indispensables beauté » avait déjà provoqué une controverse nationale pour des motifs similaires.

À l’époque, les critiques pointaient déjà du doigt une différenciation genrée très marquée et des conseils de présentation trop directifs.

La direction de la SNCF assure aujourd’hui vouloir tourner la page de ces pratiques jugées déconnectées des attentes actuelles de la société.

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