En déplacement vendredi à Rosny-sous-Bois, le Premier ministre a dévoilé une stratégie massive visant à sortir de terre 400 000 habitations par an pour résoudre la crise.
C’est une promesse chiffrée qui engage l’exécutif sur le long terme. Depuis la commune de Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, le Premier ministre Sébastien Lecornu a officialisé ce vendredi 23 janvier 2026 les ambitions du gouvernement pour le secteur du bâtiment.
L'objectif est clair.
La France doit construire 2 millions de logements avant la fin de la décennie.
Pour tenir cette cadence infernale, l'État table sur une moyenne de 400 000 chantiers livrés chaque année. Une réponse directe à l'une des "grandes urgences du pays" qui ne pouvait pas attendre l'échéance présidentielle de 2027, selon le chef du gouvernement.
"C'est absolument colossal", a martelé Sébastien Lecornu.
Une méthode inspirée des Jeux Olympiques pour accélérer les chantiers
Pour réussir ce pari logistique, le Premier ministre veut dupliquer l'efficacité prouvée lors de la reconstruction de Notre-Dame et l'organisation des Jeux Olympiques.
La philosophie est radicale.
"Il ne faut pas emmerder les Français", a lancé Sébastien Lecornu, prônant une souplesse administrative inédite pour débloquer les permis de construire.
L'exécutif refuse désormais d'opposer "le social contre le privé" ou "le rural et l'urbain". Ce plan de relance, qualifié d'historique par Matignon, repose sur une simplification drastique des procédures en collaboration étroite avec les élus locaux.
Un soutien financier massif aux bailleurs sociaux a d'ores et déjà été inscrit au budget 2026.
Le dispositif Jeanbrun remplace le Pinel pour séduire les investisseurs
Au cœur de cette stratégie figure une refonte fiscale majeure portée par le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun.
Le célèbre dispositif Pinel disparaît.
Il laisse place à un nouveau mécanisme d'investissement locatif, potentiellement baptisé "dispositif Jeanbrun". Cette version améliorée du statut du bailleur privé vise à capter l'épargne des Français pour relancer la machine.
Les projections sont optimistes.
Selon le gouvernement, cette incitation fiscale devrait permettre la construction de 50 000 logements supplémentaires par an. Une manne qui pourrait générer plus de 500 millions d'euros de recettes fiscales, tout en offrant une bouffée d'oxygène aux promoteurs et aux locataires.
