Saint-Denis : le préfet interdit la marche, le juge valide

La juridiction administrative a rejeté le recours en référé du mouvement nationaliste

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Le rassemblement prévu ce samedi devant la basilique de Saint-Denis par le Parti de la France a été annulé sur décision de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté en référé le recours déposé par le mouvement d’extrême droite, confirmant ainsi l’arrêté d’interdiction.

Ce devait être une démonstration de force symbolique. Le Parti de la France avait annoncé un rassemblement à 14 heures sur l’esplanade de la basilique de Saint-Denis — haut lieu de la monarchie française et de la mémoire nationale —, au nom de ce qu’il appelle « le droit de rappeler que Saint-Denis reste une ville française ». Le message n’est passé ni devant la préfecture, ni devant le juge.

Un arrêté préfectoral et un rejet en référé

Le préfet de Seine-Saint-Denis a pris un arrêté d’interdiction en estimant que le rassemblement, non déclaré aux services préfectoraux, véhiculait des messages susceptibles de constituer une incitation à la discrimination ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur origine. L’autorité préfectorale a également pris en compte les appels à contre-manifestations lancés sous le slogan « no nazis in Saint-Denis », jugeant que la confrontation entre les deux camps aurait représenté un risque sérieux pour l’ordre public.

Le mouvement a saisi en urgence le tribunal administratif de Montreuil pour tenter de faire lever l’interdiction. La juridiction a rejeté le recours en référé, validant ainsi la décision du préfet et confirmant que la tenue du rassemblement était légalement impossible.

Une tension sociale qui ne faiblit pas

Saint-Denis concentre depuis plusieurs années les débats les plus vifs sur l’immigration, la laïcité et l’identité nationale. Bally Bagayoko, maire LFI de la commune, avait lui-même interpellé le préfet pour obtenir l’interdiction, invoquant les risques de tensions communautaires. L’élu avait été soutenu par plusieurs associations locales, qui pointaient le caractère provocateur du choix du lieu.

Le Parti de la France, courant nationaliste fondé en 2009, n’en est pas à sa première interdiction administrative. La formation dénonce pour sa part une censure politique et assure que sa démarche était pacifique.

La situation dans les rues de Saint-Denis reste sous surveillance ce samedi soir, des dispositifs policiers ayant été maintenus en prévision d’éventuels rassemblements spontanés. La France fait face à des fractures démographiques et identitaires qui alimentent régulièrement ces tensions dans les grandes villes.

Sur fond de montée des partis nationalistes en Europe, cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large. Les débats parlementaires sur le 1er-Mai illustrent eux aussi la polarisation croissante du débat public en France.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.