Dimanche 8 novembre 2026 Météo TV ce soirGTA 6 · J-11
Dernière heure
8 nov.
Retraites : le Sénat veut retarder de 3 à 6 mois le départ des nés entre 1964 et 1968ActusImage d’illustration générée par IA

Retraites : le Sénat veut retarder de 3 à 6 mois le départ des nés entre 1964 et 1968

La majorité sénatoriale veut revenir au calendrier de 2023 dans le budget de la Sécu 2027. Un assuré né en 1964 partirait à 63 ans au lieu de 62 ans et 9 mois.

Journaliste — Publié le
6 min de lecture

À retenir

  • La majorité sénatoriale veut rétablir la réforme de 2023 dans le budget de la Sécurité sociale, débattu en séance du 9 au 18 novembre 2026.
  • Depuis le 1er septembre 2026, la suspension fixe l’âge légal à 62 ans et 9 mois pour les assurés nés en 1964.
  • Un retour au calendrier de 2023 décalerait de trois mois les départs des générations 1964 à 1968, et de six mois au début de 1965.
  • Rien n’est adopté : tant qu’aucune loi n’est promulguée, les caisses de retraite appliquent les âges issus de la suspension.
Au sommaire
  1. Âge légal : ce que la suspension a changé depuis septembre
  2. Qui perdrait des mois si la réforme revient ?
  3. Comment vérifier son âge de départ, étape par étape
  4. Le vote du Sénat suffit-il à changer la loi ?

Les futurs retraités nés entre 1964 et 1968 pourraient perdre le gain obtenu avec la suspension de la réforme des retraites. La majorité de droite et du centre du Sénat compte réintroduire le calendrier de 2023 par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, rapporte Public Sénat.

Le texte arrive en séance le lundi 9 novembre 2026. Le sénateur centriste Olivier Henno, rapporteur, chiffre l’économie attendue à 600 millions d’euros dès 2027.

Publicité

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a gelé la montée vers 64 ans jusqu’au 1er janvier 2028. Dans sa fiche du 27 février 2026, Service-Public.fr précise que l’âge de 64 ans ne vise plus que les assurés nés à partir de 1969.

Ces règles valent pour les pensions prenant effet depuis le mardi 1er septembre 2026.

Le tableau ci-dessous met face à face l’âge légal actuel et celui que rétablirait le calendrier de 2023.

NaissanceÂge légal actuelCalendrier de 2023
196462 ans et 9 mois63 ans
Janvier à mars 196562 ans et 9 mois63 ans et 3 mois
Avril à décembre 196563 ans63 ans et 3 mois
196663 ans et 3 mois63 ans et 6 mois
196763 ans et 6 mois63 ans et 9 mois
196863 ans et 9 mois64 ans

Qui perdrait des mois si la réforme revient ?

Les six profils du tableau seraient concernés. La plupart travailleraient trois mois de plus, et ceux nés au premier trimestre 1965 six mois.

La durée d’assurance pour le taux plein bougerait aussi. Les natifs de 1964 et du début de 1965 doivent aujourd’hui réunir 170 trimestres, contre 171 et 172 dans le calendrier de 2023.

Les carrières longues ont elles aussi gagné quelques mois. D’après l’Assurance retraite, un décret du 8 mai 2026 permet à un assuré né en 1966 ayant commencé avant 20 ans de partir à 60 ans et 9 mois, au lieu de 61 ans.

Les générations nées à partir de 1969 ne voient aucune différence : leur âge légal reste fixé à 64 ans dans les deux cas.

Publicité

Comment vérifier son âge de départ, étape par étape

Quatre démarches permettent de savoir où l’on en est, quelle que soit l’issue du vote.

  1. Contrôler son relevé de carrière sur info-retraite.fr ou lassuranceretraite.fr, trimestre par trimestre.
  2. Repérer sa ligne dans le tableau selon son mois et son année de naissance.
  3. Simuler plusieurs dates de départ avec le simulateur du compte retraite en ligne.
  4. Signaler à sa caisse toute période manquante, comme un emploi, le chômage ou un enfant, avant de déposer sa demande.

Le dossier de retraite se dépose en ligne, plusieurs mois avant la date visée.

Le vote du Sénat suffit-il à changer la loi ?

Non. L’Assemblée nationale a rejeté le PLFSS 2027 le vendredi 23 octobre 2026, ce qui renvoie au Sénat la version initiale du gouvernement, sans retour de la réforme.

Faute de majorité à l’Assemblée, le recours à l’article 49.3 ou aux ordonnances est jugé très probable pour faire adopter le budget. L’avenir de l’amendement sénatorial dépend donc du texte que retiendra l’exécutif, alors qu’Éric Lombard juge impossible de redresser les comptes sans réforme.

La même majorité veut aussi relever de 1 260 à 1 500 euros le seuil des pensions revalorisées sur l’inflation en 2027, un volet détaillé dans notre article sur la perte moyenne de 430 € et le seuil de 1 500 €.

Le vote solennel du Sénat est attendu à l’issue des débats, le mercredi 18 novembre 2026.

Pour aller plus loin : notre guide retraite, emploi et formation.

Publicité

Votre avis nous intéresse

Une réaction, un témoignage, une précision ? Écrivez-nous en quelques lignes : la rédaction relit chaque message avant de le publier.

Donner mon avis

Les réactions sont relues avant publication ; les liens ne sont pas acceptés. Votre nom et votre message sont conservés pour la modération. Confidentialité

Comment nous travaillons · Signaler une erreur

Retrouvez-nous aussi sur