À retenir
- Jordan Bardella promet un prix national de l’électricité à 50 € le mégawattheure, selon un entretien sur LCI rapporté le 1er mars 2026.
- Depuis le samedi 1er août 2026, le kWh du tarif bleu d’EDF coûte 20,01 centimes TTC en option base, après 2,5 % de hausse moyenne.
- L’Arenh, qui cédait une part du nucléaire d’EDF aux fournisseurs à 42 € le MWh, a pris fin le 31 décembre 2025.
- Le président du RN dit vouloir rester dans le marché européen, mais négocier avec Bruxelles une dérogation à ses règles de prix.
Au sommaire
Jordan Bardella veut découpler le prix de l’électricité de celui du gaz. Interrogé sur LCI, le président du Rassemblement national a promis de fixer un prix national à 50 € le mégawattheure s’il arrive au pouvoir, rapporte TecSol Quotidien dans un article du 1er mars 2026. Il présente ce montant comme le coût historique de la production nucléaire.
Depuis 2024, le RN chiffre entre 30 et 40 % la baisse de facture que permettrait ce « prix français » de l’électricité.
Le RN veut un prix national sans quitter le marché européen
Le parti a longtemps défendu une sortie du marché européen de l’électricité. Jordan Bardella assure désormais que la France y resterait, tout en contestant ses règles de fixation des prix, relève Public Sénat dans une analyse du 23 avril 2026.
Le modèle invoqué est l’exception ibérique. En 2022, l’Espagne et le Portugal ont obtenu de plafonner le prix du gaz utilisé dans leurs centrales, l’État compensant l’écart, et le RN demanderait à la Commission européenne une dérogation comparable.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains, y voit une fausse piste qui ne ferait pas baisser les prix payés par les consommateurs.
Le parti défend une seconde mesure, distincte : ramener de 20 % à 5,5 % la TVA sur l’électricité, le gaz et les carburants. Sur ces derniers, les prix bougent vite : le gazole a reculé de 15,3 centimes en une semaine.
Le tarif bleu d’EDF suit désormais les prix de gros
EDF ne fixe pas seul son tarif réglementé. Les pouvoirs publics l’arrêtent sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), selon une méthode d’empilement des coûts, indique l’électricien sur son site.
Ce calcul additionne la fourniture d’énergie, l’acheminement par les réseaux (le Turpe), le mécanisme de capacité qui sécurise l’approvisionnement en hiver, puis les taxes. Depuis la fin de l’Arenh, au 1er janvier 2026, la part fourniture repose entièrement sur les prix du marché de gros.
Un versement nucléaire universel (VNU) a remplacé ce dispositif. EDF garde la totalité de ses revenus nucléaires sous 78 € le MWh, la moitié entre 78 et 110 €, et seulement 10 % au-delà : le reste revient aux consommateurs.
Le tableau situe la promesse du RN parmi les repères de prix du secteur.
| Repère | Prix |
|---|---|
| Arenh, jusqu’à fin 2025 | 42 € le MWh |
| Prix national promis par Bardella | 50 € le MWh |
| Seuil de reversement du VNU | 78 € le MWh |
| Tarif bleu base TTC, août 2026 | 200,10 € le MWh |
La dernière hausse, au 1er août 2026, a porté l’option base à 20,01 centimes le kWh TTC, soit 17,90 € de plus par an selon EDF. Le Turpe et le coût de la sécurité d’approvisionnement l’expliquent, en partie compensés par une baisse de l’accise sur l’électricité.
La promesse de Bardella ne touche que la part énergie
Les 50 € visés par Jordan Bardella portent sur l’énergie produite, soit 5 centimes le kWh. Le prix payé par un abonné au tarif bleu comprend aussi l’acheminement, la capacité et les taxes, qui relèvent d’autres décisions.
La baisse de TVA agirait, elle, directement sur le montant final. La directive européenne de 2006 sur la TVA autorise un taux réduit sur la fourniture d’électricité et de gaz.
Pour un ménage, le gain dépendrait donc de deux leviers séparés : le prix de l’énergie, négocié à Bruxelles, et la fiscalité, votée à Paris.
Prochaine évolution du tarif attendue en février 2027
EDF annonce une prochaine évolution possible du tarif réglementé le lundi 1er février 2027, sur une nouvelle proposition de la CRE.
D’ici là, le PDG d’EDF promet une stabilité des prix jusqu’en février au moins. La promesse de Jordan Bardella reste suspendue à l’élection présidentielle du printemps 2027, puis à une négociation avec la Commission européenne.
Votre avis nous intéresse
Une réaction, un témoignage, une précision ? Écrivez-nous en quelques lignes : la rédaction relit chaque message avant de le publier.



