Prisma Media, numéro un de la presse magazine en France, a annoncé ce lundi 30 mars un plan social massif prévoyant la suppression de 261 postes, soit 40 % de ses effectifs. La troisième vague de licenciements depuis le rachat du groupe par Vincent Bolloré intervient six mois après la reprise en main par des dirigeants issus de l’empire Bolloré.
Coup de massue pour les salariés de Voici, Capital, Télé-Loisirs ou Femme Actuelle. Selon un document transmis aux représentants du personnel, la mise en œuvre du plan pourrait mener à jusqu’à 279 licenciements économiques, sur les 650 postes que comptait le groupe fin janvier.
Parmi les emplois menacés, environ 90 postes de journalistes sont directement visés. Certains hors-séries et déclinaisons disparaîtront également, comme Géo Histoire et Femme Actuelle Jeux.
Un groupe reconfiguré depuis l’arrivée des hommes de Bolloré
Depuis septembre, le directeur des rédactions de Prisma Media est Serge Nedjar, patron de la chaîne CNews. Le vice-président du groupe, Gérald-Brice Viret, cumule ce poste avec celui de directeur général de Canal+ France.
Cette recomposition au sommet a semé l’inquiétude dans les rédactions. À Capital, des journalistes ont déclenché une clause de conscience face à l’évolution de la ligne éditoriale. Des sociétés de journalistes ont émergé pour défendre l’indépendance rédactionnelle, notamment dans les magazines féminins.
« C’est un coup de massue », a déclaré Emmanuel Vire, délégué syndical CGT, sur France Inter. Son homologue avait dénoncé « un vrai carnage » dans les premières heures suivant l’annonce.
Troisième plan en deux ans
Il s’agit du troisième plan de réduction d’effectifs depuis le rachat du groupe par Bolloré en 2021. En décembre, la direction avait déjà évoqué un tel plan, mais qui ne devait alors toucher qu’un tiers des salariés.
Le groupe s’était pourtant renforcé début décembre en rachetant Ici Paris et France Dimanche à CMI France, le groupe de Daniel Kretinsky. Prisma Media appartient désormais à Louis Hachette Group, entité née fin 2024 de la scission de Vivendi.
Une première réunion d’information-consultation du comité social et économique est prévue vendredi. La direction a assuré vouloir « mobiliser les moyens du groupe pour favoriser le reclassement » des salariés concernés.
L’inquiétude gagne toute la presse magazine
Ce plan illustre la crise structurelle que traverse la presse magazine en France. L’érosion des ventes en kiosque et la chute des revenus publicitaires fragilisent tous les groupes du secteur.
Dans ce contexte, Prisma Media n’est pas un cas isolé. Netflix et les plateformes numériques captent une part croissante des budgets publicitaires qui échappent aux médias traditionnels. L’arrivée de l’intelligence artificielle dans les rédactions, comme les nouveaux modèles IA génératifs, soulève aussi des interrogations sur les emplois à long terme.
Une assemblée générale du personnel était prévue en début d’après-midi, lors de laquelle Gérald-Brice Viret devait prendre la parole.






