Le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste l’un des placements les plus avantageux fiscalement pour les contribuables français. Mais les règles évoluent, avec un durcissement annoncé de la flat tax et des ajustements sur les plafonds de déduction. Pour ceux qui veulent optimiser leur imposition, le moment est stratégique.
Lancé en 2019 pour remplacer les anciens dispositifs (PERP, Madelin, Préfon), le PER a séduit plus de dix millions de Français. Son principal atout : chaque euro versé est déductible du revenu imposable, dans la limite d’un plafond qui dépend des revenus professionnels. Un mécanisme puissant, surtout pour les tranches d’imposition élevées.
Les plafonds de déduction à connaître
Pour les salariés, le plafond de déduction s’établit à 10 % des revenus nets de l’année précédente, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros. Les travailleurs non salariés bénéficient de plafonds encore plus généreux. Ces montants sont cumulables sur trois ans : si le plafond n’a pas été utilisé les années précédentes, il est reportable.
Concrètement, un salarié déclarant 50 000 euros net imposable peut déduire jusqu’à 5 000 euros de versements PER, réduisant son revenu fiscal d’autant. Dans la tranche à 30 %, cela représente une économie d’impôt de 1 500 euros. Dans la tranche à 41 %, l’économie grimpe à 2 050 euros.
Le durcissement de la flat tax
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, passe de 30 à 33 % sur les revenus du capital. Cette hausse concerne aussi les gains réalisés à la sortie du PER en capital. Pour les épargnants qui envisagent de récupérer leur PER sous forme de capital plutôt qu’en rente, le calcul mérite d’être refait.
La sortie en rente viagère reste soumise à l’impôt sur le revenu, après un abattement de 10 %. Elle conserve l’avantage de lisser la fiscalité dans le temps, surtout si les revenus baissent à la retraite.
Quel PER choisir ?
Les PER bancaires et les PER assurantiels ne se valent pas. Les premiers, proposés par les banques en ligne, affichent des frais de gestion réduits (0,5 à 0,6 % par an) et une large palette d’ETF et de fonds indiciels. Les seconds, distribués par les assureurs, offrent un fonds en euros sécurisé mais avec des frais souvent plus élevés (0,8 à 1 % par an).
Parmi les PER les mieux notés par les comparateurs : Linxea Spirit PER, Yomoni, Placement-direct. Pour ceux qui recherchent la sécurité du fonds euros, le PER Évolution de Abeille Assurances affiche un rendement correct avec des frais contenus.
Avant la fin de l’année, le bon réflexe
Les versements effectués avant le 31 décembre sont déductibles des revenus de l’année en cours. Attendre les derniers jours est risqué : les virements peuvent mettre plusieurs jours à être comptabilisés. Les conseillers recommandent d’agir au moins deux semaines avant la date limite.
Pour les indépendants et professions libérales, la date limite peut varier selon le contrat. Vérifier auprès de son gestionnaire les délais de prise en compte des versements évite les mauvaises surprises au moment de la déclaration de revenus.
