“La petite fille vêtue de rose” est une pièce originale et extrêmement efficace qui se passe dans une prison américaine pour femmes dans les années 90.

“La petite fille vêtue de rose” n’est pas une pièce de théâtre dite commerciale, c’est tout le contraire et c’est, justement, parce que c’est à contre-courant qu’il faut aller voir cette pièce, parce que, si bon nombre de spectateurs vont voir des mastodontes, là ça vaut clairement le coup de se déplacer et nous n’avons pas du tout été déçus, bien au contraire.

Ne vous méprenez pas, même si le thème de cette pièce peut paraître lourd au premier abord, il y a des scènes vraiment très drôles et l’auteure n’hésite pas à jouer avec les sentiments de ses personnages et le spectateur se demande, clairement, ce que, les deux femmes incarcérées, peuvent réellement penser ou cacher tout au long de l’histoire tout comme la matone, qui a, elle aussi, un secret.

Rien, dans cette pièce n’est superficiel ou surjoué, bien au contraire, les actrices jouent, certes, mais, elles jouent justes et vraies.

Elles jouent vraies, donc, dans les paroles, mais aussi par des actes, comme par exemple des claques (des vraies) qui sont balancés, mais aussi des actes sensuels voire même sexuelles, mais ne vous attendez pas non plus à du trash, les actrices ne font pas, non plus, l’amour sur scène mais il y a des gestes plutôt équivoque. Il y a aussi l’humiliation, car “vivre en prison” avec d’autres femmes n’est pas une partie de plaisir. Ce que l’auteure a voulu montrer c’est la réalité et elle le fait sans détour et ça fonctionne !

Le rythme de la pièce est parfois très énergique, parfois pesant, mais dans le bon sens du terme car nous sommes tout de même dans une prison où l’on peut très aisément imaginer à quel point les jours passés en cellule peuvent être long, très long. Et c’est justement, cette ambiance, qu’a réussi à faire ressortir, avec intelligence et subtilité, Marina Gauthier, dans sa mise en scène sur un texte de Coralie Miguel qui joue, d’ailleurs, l’un des personnages. D’ailleurs, la collaboration des deux jeunes femmes semblait évidente à la sortie de cette pièce.




Rien n’est dit ou fait au hasard et nous nous en rendons compte tout au long de l’histoire.

Sachez que lorsque vous entrez dans la salle, la pièce a presque déjà commencé puisque l’un des personnage est sur scène avec une bande-sonore qui nous met déjà dans l’ambiance et qui va durer une heure et demi que nous n’avons absolument pas vu passer.

Enfin si vous aimez le film “Titanic”, vous ne serez pas déçu car il est un élément important dans cette pièce mais pour comprendre pourquoi, il suffit d’aller voir “La petite fille vêtue de rose”.

Un vrai coup de cœur !

L’HISTOIRE 

C’est l’histoire de Gaëlle (Sevda Bozan) et Nevena (Coralie Miguel), deux jeunes détenues incarcérées dans la prison de York dans l’État du Nebraska, aux États Unis, à la fin des années 1990. L’une y est depuis longtemps, l’autre vient tout juste d’arriver…

Gaëlle jeune gynécologue pleine d’ambition, se retrouve incarcérée dans la prison de York. Nevena, sa codétenue tue le temps en écrivant dans des carnets ses rêves de liberté…

Liées malgré elles, ces deux femmes, qu’apparemment tout oppose se découvrent, au fil de leurs confessions…

Sous l’emprise d’une matonne omniprésente (Lydie Rigaud, vue dans la série Sous le soleil), l’une fait tout pour survivre dans ce quotidien glaçant, tandis que l’autre reprend à nouveau goût à la vie…

Mêlant joie et drame, cette pièce vous transporte dans la réalité terrifiante des prisons pour femmes.

Avec Sevda Bozan, Coralie Miguel, Thaïs Lamothe avec en alternance : Eléonore Hendriks, Sarah Scotté, Roxane Turmel, Lydie Rigaud.

Metteur en scène : Marina Gauthier

Les mercredis à 21h30 jusqu’au 27 décembre 2017
Durée : 90 minutes

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