À retenir
- Marina Vlady est morte jeudi 24 septembre 2026 à 88 ans, a annoncé sa famille
- Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1963 pour Le Lit conjugal de Marco Ferreri
- Elle a tourné sous la direction d’Orson Welles, Jean-Luc Godard, André Cayatte et Bertrand Tavernier
- Épouse du chanteur soviétique Vladimir Vyssotski de 1970 à sa mort en 1980, elle lui a consacré un livre
Au sommaire
L’actrice Marina Vlady est morte jeudi à 88 ans, a annoncé sa famille l’AFP. Née le 10 mai 1938 à Clichy, elle avait débuté au cinéma encore enfant et joué sur scène jusqu’en 2014.
Soixante ans de carrière la résument mal. Star du cinéma français des années 1950, primée à Cannes, elle fut aussi une figure en URSS, où son nom reste attaché à celui de Vladimir Vyssotski.
Les quatre sœurs Poliakoff, filles d’un chanteur d’opéra russe
Son vrai nom était Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff. Son père, Vladimir de Poliakoff, chanteur d’opéra, était arrivé en France en 1915. Sa mère, Militza Envald, danseuse étoile, avait quitté la Russie en 1919, après la révolution.
Le couple a eu quatre filles, toutes montées sur les planches ou devant la caméra : Olga Varen, Odile Versois, Hélène Vallier et Marina, la cadette. Elle était la dernière survivante des quatre.
Passée par l’école de danse de l’Opéra de Paris comme « petit rat », elle tourne son premier film en 1949, Orage d’été de Jean Gehret.
André Cayatte la révèle en 1954 avec Avant le déluge
Le vrai départ arrive avec Avant le déluge, d’André Cayatte, qui lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti, réservé aux jeunes actrices prometteuses.
L’année suivante, elle épouse Robert Hossein, mort en 2020. Ils tournent quatre films ensemble, de Les salauds vont en enfer (1955) à La Nuit des espions (1959), et ont deux fils, Igor et Pierre.
Elle appartient à la même génération que Brigitte Bardot, morte en décembre 2025 à La Madrague. En 1961, Jean Delannoy lui confie le rôle-titre de La Princesse de Clèves, d’après le roman de Madame de La Fayette.
Le prix d’interprétation de Cannes 1963 chez Marco Ferreri
En 1963, Marco Ferreri l’associe à Ugo Tognazzi dans Le Lit conjugal (Una storia moderna : l’ape regina). Le rôle lui vaut le prix d’interprétation féminine à Cannes.
La suite de sa filmographie la fait passer du cinéma populaire au cinéma d’auteur européen. Les titres qui jalonnent sa carrière :
| Année | Film | Réalisateur |
|---|---|---|
| 1954 | Avant le déluge | André Cayatte |
| 1956 | La Sorcière | André Michel |
| 1961 | La Princesse de Clèves | Jean Delannoy |
| 1963 | Le Lit conjugal | Marco Ferreri |
| 1965 | Falstaff | Orson Welles |
| 1967 | Deux ou trois choses que je sais d’elle | Jean-Luc Godard |
| 1975 | Que la fête commence… | Bertrand Tavernier |
| 1989 | Splendor | Ettore Scola |
Chez Orson Welles, elle joue Kate Percy face au Falstaff du cinéaste. Chez Godard, elle tient le rôle-titre en 1967, une mère de famille d’une cité de la banlieue parisienne.
Dix ans de mariage avec Vladimir Vyssotski, entre Paris et Moscou
En 1970, elle épouse Vladimir Vyssotski, acteur du théâtre de la Taganka et chanteur-poète adulé en Union soviétique. Leur union dure jusqu’à la mort du chanteur, à Moscou, en juillet 1980.
Les deux artistes enregistrent un album ensemble en 1974. Sept ans après la disparition de son mari, elle publie Vladimir ou le Vol arrêté (1987), le récit de leur vie commune.
Ce lien avec la culture russe lui a valu la médaille Pouchkine. Dans les années 1970, elle siégeait à la présidence de l’association France-URSS.
Du Manifeste des 343 aux treize livres signés Marina Vlady
Elle s’est aussi engagée. Membre du Parti communiste à partir de 1968, elle signe le Manifeste des 343 en 1971, en faveur du droit à l’avortement.
Elle a ensuite partagé vingt-trois ans de sa vie avec le cancérologue Léon Schwartzenberg, jusqu’à sa mort en 2003.
L’écriture a pris une place croissante à partir de 1979 : treize livres au total, dont les mémoires 24 images/seconde (2005). Commandeur des Arts et des Lettres, elle était revenue au cinéma en 2011 dans Quelques jours de répit, après quatorze ans d’absence.
Sa disparition suit celle d’autres visages du cinéma français d’après-guerre, dont Mylène Demongeot, morte en décembre 2022 à 87 ans.
À lire également : Mostra de Venise : Woman Unknown rafle le.






















