À retenir
- Le gouvernement promet pour samedi 24 octobre un dispositif plus nombreux que les 60 000 policiers et gendarmes engagés le 17 octobre
- Sébastien Lecornu annonce une « réponse pénale massive » après les pillages et défend les couvre-feux localisés
- La coordination des gilets jaunes du 17 octobre appelle à un « acte II », avant deux autres dates les 31 octobre et 5 novembre
- À Marseille, les mineurs sont soumis à un couvre-feu de 22 heures à 5 heures jusqu’au vendredi 23 octobre
Au sommaire
Laurent Nuñez prépare pour samedi 24 octobre un maintien de l’ordre plus étoffé que celui du 17 octobre, débordé par les pillages dans plusieurs grandes villes. En déplacement à Marseille lundi 19 octobre, le ministre de l’Intérieur a pris un engagement chiffré par comparaison, sans donner d’effectif précis.
« On déploiera un dispositif policier très important et qui sera de toute façon plus nombreux que ce qu’il était samedi dernier », a-t-il déclaré.
60 000 policiers et gendarmes n’ont pas suffi le 17 octobre
Le 17 octobre, 60 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés sur le territoire. C’est moins que les 80 000 du 10 septembre 2025 et que les 89 000 du 8 décembre 2018, au plus fort des gilets jaunes.
Le renseignement territorial attendait entre 60 000 et 110 000 manifestants. Le gouvernement en a finalement compté au moins 550 000.
Laurent Nuñez a reconnu publiquement : « Nous avons perdu le contrôle. » Il a présenté sa démission, qui a été refusée.
Des renforts plus mobiles face à des groupes de 200 casseurs
Le ministre de l’Intérieur décrit des violences survenues sur « 10 ou 15 points en même temps », avec des groupes pouvant réunir 200 personnes. Le dispositif de samedi doit donc miser sur la mobilité et ce qu’il appelle « l’extrême réactivité ».
À Marseille, le préfet a avancé le chiffre de 30 000 pilleurs, une estimation contestée par le maire Benoît Payan. Laurent Nuñez parle de « quelques milliers de casseurs », un nombre qu’il juge « énorme ».
Sébastien Lecornu promet une « réponse pénale massive »
Lors de sa conférence de presse du lundi 19 octobre, le Premier ministre a fixé la ligne : « Ma détermination à rétablir l’ordre est totale. » Il a promis une réponse pénale massive contre les auteurs des pillages.
Deux cents enquêteurs de la préfecture de police de Paris analysent les vidéos pour identifier les auteurs. Le gouvernement a aussi annoncé le chômage partiel pris en charge à 100 % pour les commerces pillés.
L’état d’urgence reste écarté pour l’instant. « C’est quelque chose de lourd, y compris dans sa mise en place ; si c’est nécessaire, nous pourrions le faire », a précisé Sébastien Lecornu.
Couvre-feux de Paris à Marseille avant l’acte II
Mardi 20 octobre, le chef du gouvernement a estimé que les couvre-feux avaient « contribué au calme de cette nuit ». Il en annonce d’autres « là où la situation l’exige ».
Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Nice ont appliqué des restrictions lundi soir ; à Lille, Bordeaux et Nice, elles ne visent que les mineurs. Les zones concernées dans la capitale sont détaillées dans notre article sur le couvre-feu autour des Halles et de République.
Marseille a rejoint la liste mardi. Les mineurs y sont soumis à un couvre-feu de 22 heures à 5 heures jusqu’au vendredi 23 octobre, dans les zones commerçantes sensibles. Selon la chambre de commerce locale, 317 commerces y ont été pillés et dégradés ; 101 personnes ont été interpellées.
Les gilets jaunes du 17 octobre maintiennent trois dates
La coordination des gilets jaunes du 17 octobre a confirmé son « acte II » samedi. Son porte-parole Benjamin Ball assure que la mobilisation durera tant que les revendications ne seront pas satisfaites.
Deux autres rendez-vous sont fixés : le 31 octobre, puis le 5 novembre, avec la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU. Le samedi 24 octobre sera aussi marqué au Palais-Bourbon, où des députés réclament la fermeture de l’Assemblée nationale.
Le nombre exact de policiers et de gendarmes engagés samedi n’a pas été communiqué à ce stade.






























