Sous les pavés de la capitale française s’étend un labyrinthe de 300 kilomètres dont l’accès demeure strictement prohibé pour des raisons de sécurité publique et de protection des infrastructures.
Le réseau souterrain parisien, géré par l’Inspection Générale des Carrières, est un dédale colossal dont seulement 1,7 kilomètre est ouvert légalement via le musée des Catacombes. Ce complexe comprend d’anciennes carrières de calcaire exploitées dès le Moyen Âge, mais aussi des galeries d’inspection techniques indispensables à la stabilité du sol parisien. Contrairement aux idées reçues, la quasi-totalité de ces espaces est fermée pour prévenir les risques d’effondrements massifs, appelés fontis, qui menacent régulièrement la voirie en surface.
Une surveillance policière et des sanctions pénales
Depuis l’arrêté préfectoral du 2 novembre 1955, toute intrusion non autorisée est passible d’une amende et de poursuites judiciaires. Pour faire respecter cette loi, une unité spécialisée de la police nationale, surnommée les « cataflics », patrouille quotidiennement dans les profondeurs. Ces agents traquent les cataphiles clandestins qui s’exposent à des dangers mortels, tels que l’asphyxie par manque d’oxygène ou l’égarement prolongé, comme en témoigne le sauvetage in extremis de deux adolescents perdus pendant trois jours en 2017.
Des enjeux de sécurité nationale majeurs
L’interdiction définitive au public s’explique également par la présence d’infrastructures critiques et de sites classés « secret défense ». Le sous-sol abrite des abris de défense passive de la Seconde Guerre mondiale, des bunkers gouvernementaux et des nœuds de communication stratégiques. Dans le cadre du plan Vigipirate, la protection de ces accès est devenue une priorité absolue pour empêcher toute malveillance contre les réseaux d’électricité, d’eau ou de fibre optique qui alimentent les centres de pouvoir de la République.
