JPMorgan Chase oblige ses 65 000 ingénieurs et développeurs à intégrer des outils d’intelligence artificielle dans leur travail quotidien. La banque américaine va plus loin : elle suit leur niveau d’utilisation et l’intègre dans les évaluations de performance.
Ce n’est plus une recommandation, c’est une consigne. Selon AI Magazine, la première banque mondiale par capitalisation boursière a décidé de faire de l’IA un critère professionnel à part entière pour ses équipes techniques.
ChatGPT et Claude Code dans la boîte à outils obligatoire
D’après les informations rapportées par Artificial Intelligence News, les ingénieurs de JPMorgan doivent désormais utiliser des outils comme ChatGPT et Claude Code dans leurs flux de travail quotidiens.
Un système interne classe chaque employé en fonction de son niveau d’adoption : « utilisateur léger » ou « utilisateur intensif ». Les managers ont accès à ces données pour suivre l’adoption au sein de leurs équipes.
Ce classement entre directement dans les évaluations de performance annuelles.
200 000 utilisateurs en huit mois
JPMorgan avait lancé son « LLM Suite » interne début 2024. Selon les données publiées par la banque, 200 000 employés l’utilisaient déjà huit mois après son lancement.
Les développeurs s’en servent pour la revue de code. Les banquiers d’affaires l’utilisent pour préparer leurs présentations. Les équipes juridiques disposent d’outils IA dédiés à l’analyse de contrats.
La banque a même autorisé ses salariés à utiliser l’IA pour rédiger leurs propres évaluations de performance annuelles, selon HR Grapevine.
Ce que ça change pour les salariés français
La tendance dépasse les frontières américaines. En France, BNP Paribas et Société Générale ont déjà déployé des assistants IA internes pour certaines équipes, sans aller aussi loin dans le suivi individuel.
L’approche JPMorgan pose une question directe : combien de temps avant que les entreprises françaises évaluent aussi leurs salariés sur leur maîtrise de l’IA ?
Avec l’AI Act européen entré en application, le suivi individuel de l’utilisation d’outils IA soulève des questions de conformité RGPD que les entreprises européennes devront trancher.






