Invité exceptionnel de la chaîne LEGEND face à Guillaume Pley, l’ancien président Nicolas Sarkozy livre un témoignage sans filtre sur son séjour à la prison de la Santé. Entre le choc du verdict, ses écrits en cellule et ses piques acerbes contre Ségolène Royal ou les élus LFI, il raconte comment il a surmonté cette épreuve pour « recommencer sa vie ».
Le choc du verdict : « Un coup de poing dans la figure »
Il s’attendait à la relaxe, il a reçu la prison ferme.
Alors que le tribunal avait écarté la lourde accusation du financement libyen, la condamnation avec exécution provisoire a frappé l’ancien chef de l’État avec une violence inouïe. Sur le plateau de LEGEND, il décrit cet instant précis non pas comme une décision de justice, mais comme une agression physique brutale qui vous laisse sonné debout.
L’arrivée à la prison de la Santé restera gravée comme une séquence « irréelle ». Escorté par le dispositif présidentiel habituel, il se retrouve bloqué devant la porte car l’administration pénitentiaire n’était même pas prête à le recevoir. Une fois à l’intérieur, il découvre un univers qu’il qualifie de « gris » et « triste », bien loin des ors de la République.
L’écriture comme survie mentale
Dès que la porte s’est refermée, il a su qu’il devait s’occuper pour ne pas sombrer.
Refusant de « devenir fou » entre quatre murs, Nicolas Sarkozy s’est imposé une discipline de fer : écrire, encore et encore. Sans ordinateur, à la main, il a noirci des pages jusqu’à 10 heures par jour, transformant sa cellule PMR (équipée d’un simple miroir à la ceinture) en bureau d’écrivain de fortune. C’est de cette thérapie par les mots qu’est né son ouvrage, Le Journal d’un prisonnier.
Mais la réalité carcérale le rattrapait la nuit.
Il raconte sa première nuit, seul, écoutant les hurlements et les menaces que les détenus s’échangeaient d’une fenêtre à l’autre. Une ambiance sonore angoissante qui contrastait avec les moments de grâce qu’il a pu vivre, notamment lors d’une rencontre spirituelle marquante avec l’aumônier de la prison, Jean. Une messe improvisée avec deux hosties lui a offert un rare moment de « sérénité absolue » au milieu du chaos.
Politique et dignité : la colère froide
Même derrière les barreaux, la politique ne l’a pas lâché.
Nicolas Sarkozy oppose violemment l’attitude de Gérald Darmanin, venu s’assurer de sa sécurité, à celle de deux députés de La France Insoumise. Ces derniers, accompagnés d’un photographe, ont tenté de le prendre en photo dans sa cellule, une démarche qu’il vit comme une humiliation et un mépris total des droits de l’homme.
Il ne se montre pas plus tendre avec son ancienne rivale, Ségolène Royal.
Avec son style tranchant habituel, il affirme qu’elle « ne comprend pas toujours le sens de ce qu’elle dit », ajoutant cruellement que cette confusion permanente est ce qui « la sauve de la honte ». Une petite phrase qui prouve que l’enfermement n’a pas émoussé son sens de la répartie politique.
La vérité sur le match du PSG
On lui a reproché d’être allé au Parc des Princes deux jours avant son incarcération.
L’image avait choqué certains observateurs, y voyant de la désinvolture. La réalité était bien différente : ce n’était pas pour son plaisir, mais pour tenir une promesse faite à un enfant gravement malade croisé à l’hôpital. Il s’était engagé à l’emmener voir un match ; il a tenu parole malgré l’épée de Damoclès judiciaire au-dessus de sa tête.
Cette épreuve semble avoir forgé un « nouveau » Sarkozy.
Après avoir tenu sa promesse d’aller à Lourdes avec Carla Bruni pour remercier le ciel d’être sorti de cet « enfer », il conclut l’interview sur une note de défi. Ses détracteurs voulaient le faire taire ? Ils ont échoué. Il ressort de la prison de la Santé avec une certitude : la volonté de vivre plus intensément que jamais.
