Stéphane Larue
Musique

Industrie musicale : Le marché français confirme sa solidité et dépasse le milliard d’euros

Industrie musicale : Le marché français confirme sa solidité et dépasse le milliard d’euros

Le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) a publié son bilan pour l’année 2025, révélant un chiffre d’affaires record de 1,071 milliard d’euros. Cette performance, marquée par une dixième année de croissance consécutive, s’appuie sur le retour en force du vinyle chez les jeunes et une progression inattendue du streaming gratuit.

Le marché français de la musique enregistrée se porte bien. Avec une progression de 3,9 % sur un an, la France conforte sa place de sixième marché mondial et de deuxième en Europe, juste derrière l’Allemagne. Ce dynamisme, observé depuis 2016, permet au secteur de maintenir un niveau d’activité élevé, même si la croissance globale montre des signes de ralentissement par rapport aux années précédentes.

Le numérique reste le moteur principal de cette industrie, représentant 65,5 % des revenus totaux. Toutefois, l’année 2025 se distingue par des évolutions contrastées entre les différents modes de consommation, entre stabilisation des abonnements et explosion des supports physiques.

Le vinyle, nouvel objet fétiche des moins de 35 ans

Contre toute attente à l’ère du tout-numérique, les supports physiques connaissent une deuxième année de hausse consécutive. Les revenus issus des ventes physiques ont progressé de 5 %, portés majoritairement par le succès spectaculaire du vinyle. Les ventes de ce format ont bondi de 14,8 % en seulement douze mois, générant 113 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Fait marquant souligné par le SNEP : cette tendance n’est pas uniquement portée par les nostalgiques. Selon une étude Kantar Media, les moins de 35 ans représentent désormais 41 % des acheteurs de vinyles. Le CD résiste également avec 8 millions d’exemplaires écoulés l’année passée, prouvant l’attachement des Français à l’objet physique.

Le streaming gratuit gagne du terrain face aux abonnements payants

Du côté des plateformes de streaming, le paysage évolue. Si le streaming par abonnement (premium) pèse toujours lourd avec 553 millions d’euros de revenus, sa croissance ralentit nettement. En revanche, le streaming gratuit (financé par la publicité) affiche une santé de fer avec une progression de 12 % sur l’année.

Ce phénomène s’explique notamment par un taux de pénétration des abonnements payants qui plafonne à 27,1 % en France. Malgré les 165 milliards de streams comptabilisés en 2025, les utilisateurs semblent se tourner de plus en plus vers les offres gratuites, une dynamique que les acteurs du secteur surveillent de près pour les années à venir.

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