Un rapport publié par Anthropic lors du sommet IA d’Axios le 25 mars révèle que l’écart de compétences entre les salariés qui maîtrisent l’IA et les autres se creuse rapidement. Les « power users » — ceux qui utilisent quotidiennement ces outils — prennent une avance concurrentielle significative sur leurs collègues, selon TechCrunch. Ce fossé pourrait redéfinir les carrières d’ici deux à trois ans.
Ce n’est plus une menace abstraite. Les données d’Anthropic, relayées par TechCrunch, montrent que les salariés qui intègrent Claude, ChatGPT ou Copilot dans leur flux de travail quotidien accomplissent davantage, plus vite — et deviennent plus difficiles à remplacer. Paradoxalement, ce sont eux que l’IA rend indispensables.
Deux catégories de travailleurs se forment
D’un côté, les « power users » de l’IA : ils délèguent les tâches répétitives aux assistants IA, se concentrent sur des missions à plus haute valeur ajoutée, et augmentent leur productivité de façon mesurable.
De l’autre, les non-utilisateurs — souvent par manque de formation, parfois par réticence — qui restent sur les mêmes rythmes de travail qu’avant 2023.
L’écart, selon Anthropic, s’observe déjà dans les performances, les promotions et les salaires.
Quels métiers sont les plus exposés ?
Les postes les plus concernés par cet écart sont ceux où l’IA peut augmenter la productivité sans remplacer le jugement humain : rédaction, analyse de données, service client, comptabilité, marketing, développement logiciel. Dans ces domaines, un salarié qui utilise l’IA peut produire l’équivalent de deux à trois postes équivalents.
Ce n’est pas encore une vague de licenciements — 1 % seulement des entreprises décrivent leur déploiement IA comme « mature », selon VentureBeat — mais la dynamique s’accélère.
Ce que les employeurs français peuvent faire
En France, des dispositifs existent pour accompagner cette montée en compétences : le CPF (Compte Personnel de Formation) finance des formations certifiantes en IA, prompt engineering et outils collaboratifs. Des plateformes comme OpenClassrooms, Coursera ou LinkedIn Learning proposent des parcours adaptés aux non-techniciens.
Microsoft a lancé en 2025 son programme AI Skills Initiative, accessible aux entreprises françaises via Microsoft 365 Copilot.
Agir maintenant plutôt qu’attendre
La fenêtre pour acquérir un avantage est encore ouverte — mais elle se referme. Selon TechCrunch, les entreprises qui intègrent l’IA dans leurs pratiques dès maintenant disposent d’une longueur d’avance que les retardataires auront du mal à combler d’ici 2027.
Pour les salariés, la recommandation est pratique : tester un outil IA dans sa tâche principale pendant trente jours, identifier les gains de temps réels, et documenter l’impact. C’est le meilleur argument pour convaincre un manager — ou pour mettre à jour son profil LinkedIn.




