Les prix du pétrole sont repartis à la hausse dans la nuit du 1er au 2 avril, juste après l’allocution solennelle de Donald Trump à la nation. Le président américain a promis des frappes « extrêmement dures » contre l’Iran dans les deux à trois prochaines semaines, faisant instantanément remonter les cours.
Le baril de WTI a gagné 2,24 % pour s’établir à 102,36 dollars, tandis que le Brent a bondi de 3,24 % à 104,44 dollars. Une remontée brutale, alors que les cours avaient reculé en journée dans l’espoir d’une désescalade.
Trump promet de ramener l’Iran « à l’âge de pierre »
Depuis la Maison Blanche, le président américain a livré sa première allocution à la nation depuis le déclenchement de l’opération « Epic Fury » le 28 février. Le ton n’était pas à l’apaisement.
Trump a assuré que l’armée américaine avait atteint ses objectifs militaires. Mais il a immédiatement menacé l’Iran de frappes sur ses centrales électriques et ses installations pétrolières si aucun accord n’était conclu d’ici deux à trois semaines.
« Nous allons les frapper extrêmement fort », a-t-il lancé, ajoutant vouloir « les ramener à l’âge de pierre ».
Le détroit d’Ormuz, clé du marché pétrolier mondial
Le président a aussi conditionné tout cessez-le-feu à la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis le début du conflit. Ce passage stratégique voyait transiter près de 20 % du pétrole mondial avant la guerre.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux « ennemis » du pays. Un pétrolier affrété par Qatar Energy a d’ailleurs été touché par un missile dans le Golfe.
En France, le SP95-E10 dépasse les 2 euros le litre
Les conséquences se font sentir directement à la pompe. Le SP95-E10 a franchi mercredi la barre symbolique des 2 euros le litre en France, selon une moyenne calculée par l’AFP sur la base de plus de 7 000 stations-service. Environ 10 % des stations françaises sont en rupture d’au moins un carburant.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur une aggravation en avril. Son directeur, Fatih Birol, a déclaré que les perturbations d’approvisionnement seraient « deux fois plus importantes » qu’en mars, car les livraisons déjà en mer avant la guerre sont désormais épuisées.
Les Bourses en montagnes russes
En journée, les marchés européens avaient clôturé en hausse, portés par les espoirs de désescalade liés aux propos de Trump sur un retrait américain « très bientôt ». Le CAC 40 avait gagné 2,1 % pour frôler les 8 000 points.
Mais le discours du soir a inversé la tendance sur les marchés pétroliers. Les analystes de Natixis notent que le marché « veut croire » à une fin rapide du conflit, tout en restant suspendu aux déclarations contradictoires du président américain.
Depuis le début de la guerre le 28 février, le Brent a progressé de plus de 50 %. Certains analystes, comme Tamas Varga de PVM Energy, n’écartent plus un scénario à 200 dollars le baril en cas d’escalade majeure.





