Stéphane Larue
People

Le rappeur Gims se retrouve mis en examen pour blanchiment aggravé

Gims quitte la garde à vue mis en examen pour blanchiment aggravé

Le rappeur Gims a été interpellé mercredi 25 mars 2026 à sa descente d’avion à Roissy-CDG par le service national des douanes judiciaires, selon le Parquet National Anticriminalité Organisée (PNACO). Présenté vendredi à un magistrat, il est désormais mis en examen pour blanchiment aggravé en bande organisée et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le PNACO dans un communiqué. Il est présumé innocent.

Gandhi Djuna, de son vrai nom, passait le contrôle douanier à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle quand il a été interpellé, selon BFM TV. L’opération s’inscrivait dans le cadre d’une commission rogatoire de juges d’instruction pilotée par le PNACO. Âgé de 39 ans, l’un des artistes francophones les plus streamés au monde, le chanteur congolais se retrouve au cœur d’une enquête financière d’ampleur.

Deux jours de garde à vue plus tard, Gims a été présenté à un juge d’instruction. Son avocat, Me David-Olivier Kaminski, a refusé de s’exprimer, se limitant à un « pas de déclaration » en quittant le bureau du juge, selon Paris Match.

Des charges lourdes : fraude fiscale et sociétés écrans

Le PNACO a officiellement retenu deux chefs de mise en examen : « blanchiment aggravé » d’une part, et « blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d’un délit de fraude fiscale aggravée » d’autre part. Ce second chef est particulièrement grave : il suppose l’existence d’un réseau organisé et coordonné.

Selon Euronews, les investigations portent sur un réseau de sociétés écrans constituées dans plusieurs pays pour frauder la TVA, émettre de fausses factures et dissimuler l’origine de fonds illicites. D’après les mêmes sources, cinq anciens trafiquants de drogue de la région parisienne, reconvertis dans la criminalité financière, seraient impliqués dans ce même dossier.

Un projet immobilier à Marrakech de 100 millions d’euros dans le viseur

Au cœur du dossier figurerait le projet « Sunset Village Private Residences » à Marrakech, au Maroc, selon France Bleu et Euronews. Ce complexe de 118 villas de luxe, lancé en 2025, comprend piscine, spa, sauna, hammam et un lagon de 3 000 m². Son chiffre d’affaires projeté avoisinerait 100 millions d’euros, d’après ces mêmes sources.

Les enquêteurs s’interrogeraient sur l’origine des fonds ayant alimenté ce projet et sur les montages juridiques mis en place autour de sa commercialisation. Ces éléments n’ont pas été confirmés par le PNACO, qui n’a communiqué officiellement que les chefs de mise en examen.

Contrôle judiciaire sans interdiction de territoire

Gims est sorti libre vendredi soir, mais sous conditions. Selon le communiqué du PNACO, son contrôle judiciaire lui impose d’informer le magistrat instructeur de tout déplacement, de verser une caution dont le montant n’a pas été rendu public, et d’éviter tout contact avec les autres personnes impliquées dans le dossier.

Fait notable relevé par Paris Match : il n’est soumis à aucune interdiction de sortie du territoire. Un concert prévu à Abidjan dans les jours suivants n’aurait pas été annulé, ce qui confirme cette absence de restriction géographique.

En droit français, la mise en examen signifie que des indices graves ou concordants pèsent sur une personne — mais elle ne vaut pas condamnation. Gims bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à un éventuel jugement définitif. Aucune date de renvoi en correctionnelle n’est évoquée à ce stade.

Pour rappel, notre premier article détaillait les circonstances de l’arrestation de Gims à Roissy mercredi 25 mars.

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