Google a lancé le 26 mars une fonction permettant d’importer ses conversations ChatGPT et Claude directement dans Gemini. Une avancée qui facilite la migration entre assistants IA — mais qui reste bloquée en France et dans toute l’Union européenne, à cause des règles de protection des données.
Depuis quelques jours, les utilisateurs américains de Gemini peuvent récupérer l’intégralité de leurs échanges avec ChatGPT ou Claude, et les importer dans le service de Google. La procédure accepte jusqu’à cinq fichiers ZIP par jour, d’un maximum de cinq gigaoctets chacun, selon LearnUp.
Google n’a pas attendu pour soigner le pitch : vos préférences, votre contexte, vos habitudes numériques suivraient le même chemin que vos données.
Deux mécanismes distincts
Le premier outil génère un prompt résumant les préférences accumulées par l’utilisateur, à copier-coller dans n’importe quel assistant IA. Pratique, mais limité.
Le second permet l’import massif d’archives de conversations — la vraie nouveauté. Une fonctionnalité que des millions d’utilisateurs attendaient, surtout ceux qui hésitent à changer d’assistant par peur de perdre leur historique.
Anthropic avait ouvert le bal quelques semaines plus tôt avec « Import Memory », permettant à Claude d’absorber l’historique d’autres IA. La guerre de la fidélisation vient de changer de dimension.
Bloquée en Europe par le RGPD
La mauvaise nouvelle pour les utilisateurs français : aucune de ces options n’est disponible dans l’Espace économique européen, en Suisse ni au Royaume-Uni.
La raison tient en trois lettres : RGPD. Importer massivement des données conversationnelles entre plateformes requiert des garanties que Google n’a pas encore formalisées auprès des régulateurs européens.
Concrètement, un historique de conversations peut contenir des informations médicales, financières ou personnelles que l’utilisateur avait oubliées dans ses échanges avec ChatGPT. La CNIL surveille ce type de transfert de près.
Quand en Europe ?
Google n’a communiqué aucun calendrier pour un déploiement en Europe. Le dossier serait en cours d’instruction auprès des autorités de protection des données, sans date prévisible, selon LearnUp.
En attendant, les utilisateurs européens peuvent exporter manuellement leurs conversations ChatGPT via les paramètres du compte, et les coller dans Gemini à la main. Une solution artisanale, mais légale — et qui illustre bien l’état du droit numérique en 2026.




