Stéphane Larue
Actus

Fin brutale pour Brandt : le géant de l’électroménager liquidé, 700 emplois supprimés

Fin brutale pour Brandt : le géant de l’électroménager liquidé, 700 emplois supprimés

C’est la fin d’une époque pour l’industrie tricolore. Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé ce jeudi la liquidation judiciaire du groupe Brandt. Malgré une tentative de reprise en coopérative et un fort soutien public, les 700 salariés des sites d’Orléans et de Vendôme perdent leur emploi.

Un silence de mort s’apprête à tomber sur les lignes de production.

Ce jeudi, la justice a tranché dans le vif : c’est la liquidation totale pour le groupe centenaire d’électroménager. Ce fleuron industriel, en redressement judiciaire et en difficulté chronique, n’a pas survécu à l’examen de son dossier par le tribunal des affaires économiques de Nanterre.

François Bonneau, président de la région Centre-Val-de-Loire, évoque un véritable « traumatisme » pour le territoire.

L’onde de choc est violente pour les 700 salariés du groupe, dont l’avenir est désormais suspendu aux procédures de licenciement. La marque, propriété du groupe algérien Cevital depuis 2014 et forte de 260 millions d’euros de chiffre d’affaires, laisse un vide immense dans le paysage économique local.

Un projet de la dernière chance avorté

Pourtant, une lueur d’espoir avait brillé jusqu’à la dernière minute.

Un projet de Scop (société coopérative), piloté par le groupe Revive, promettait de sauver au moins 370 emplois. Soutenue par une majorité de travailleurs, cette offre a finalement été jugée insuffisante par la justice pour garantir la pérennité de l’activité à long terme.

Il manquait le maillon essentiel pour boucler le budget de relance.

Selon les experts, il fallait injecter entre 20 et 25 millions d’euros pour redémarrer les usines. Les pouvoirs publics avaient pourtant répondu présent : en cumulant les aides de l’État, de la région et de la métropole d’Orléans, près de 20 millions d’euros d’argent public étaient sur la table.

Les banques pointées du doigt

Mais l’équation financière n’a pas convaincu les juges.

Dans un communiqué amer, les ministres Roland Lescure et Sébastien Martin ont déploré l’absence des « autres acteurs indispensables ». Une critique à peine voilée envers les banques, qui ont refusé de suivre le mouvement, rendant le dossier de reprise trop fragile aux yeux du tribunal.

La fermeture affecte désormais l’ensemble de l’écosystème Brandt en France :

  • Les usines : situées près d’Orléans (Loiret) et à Vendôme (Loir-et-Cher).
  • Le siège social : basé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
  • Le service après-vente : implanté à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

Pour les centaines de familles concernées, le combat pour la sauvegarde de l’outil industriel s’arrête ici, laissant place à celui, plus douloureux, des indemnités.

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