Amazon a discrètement relevé les prix de plusieurs de ses appareils phares aux États-Unis, jusqu’à 60 % sur certains modèles Echo depuis ce lundi 24 août 2026. Le géant du e-commerce invoque la flambée mondiale du coût des puces mémoire, une pénurie directement liée à la course aux data centers d’intelligence artificielle.
L’essentiel
- L’Echo Dot passe de 49,99 à 79,99 dollars aux États-Unis, soit une hausse de 60 %
- Kindle, Fire TV et les routeurs Eero sont également touchés par ces augmentations
- En cause : une pénurie mondiale de mémoire RAM et NAND surnommée la « RAMmageddon »
- Apple avait déjà relevé ses tarifs, une tension qui devrait durer jusqu’en 2027
Jusqu’à 60 % de hausse sur les enceintes et les liseuses
Le cas le plus spectaculaire concerne l’Echo Dot, dont le prix grimpe de 49,99 à 79,99 dollars aux États-Unis. Une augmentation de 30 dollars, soit l’équivalent d’environ 26 euros au cours actuel.
D’autres appareils de la gamme sont concernés : les tablettes de lecture Kindle, les box Fire TV et les routeurs Eero, rachetés par Amazon en 2019.
Contactée par nos confrères américains de TechCrunch, l’entreprise justifie sa décision par la conjoncture du marché des composants.
« L’industrie de l’électronique grand public fait face à une hausse significative du coût des composants mémoire et de stockage », explique Amazon. « Après avoir absorbé ces coûts aussi longtemps que possible, nous avons récemment ajusté nos prix. »
Amazon ne communique pour l’instant sur aucune répercussion de cette hausse en France. La firme a pourtant l’habitude de faire évoluer ses tarifs différemment de part et d’autre de l’Atlantique, comme l’illustre Alexa+ gratuit aux États-Unis mais toujours payant en France.
Une pénurie de mémoire alimentée par la ruée vers l’IA
Cette flambée des prix n’est pas propre à Amazon. Elle découle d’une pénurie mondiale de composants mémoire, DRAM et NAND en tête, que les professionnels du secteur surnomment désormais la « RAMmageddon ».
Les géants coréens SK Hynix et Samsung, principaux fournisseurs mondiaux de puces mémoire, détournent une part croissante de leur production vers les serveurs des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, au détriment de l’électronique grand public.
Résultat : les fabricants d’ordinateurs, de smartphones et d’objets connectés doivent payer plus cher pour les mêmes composants, ou rogner sur leurs marges. Les analystes du secteur anticipent une tension durable, avec un retour à la normale espéré au mieux en 2028.
Un mouvement déjà engagé chez Apple, un signal pour tout le secteur
Amazon n’est pas un cas isolé. Apple avait déjà relevé le tarif de plusieurs de ses produits ces dernières semaines, jusqu’à proposer un programme de location d’appareils pour amortir la facture.
La marque à la pomme avait notamment vu son MacBook Air touché à son tour par cette pénurie de mémoire quelques semaines plus tôt.
Du côté des smartphones, la tendance est similaire : les tarifs du Pixel 11 de Google ont eux aussi grimpé lors de son officialisation, un mouvement de fond qui pourrait s’étendre à l’ensemble du secteur d’ici la fin de l’année.
Pour les consommateurs français, la vigilance reste de mise. Entre pénurie de composants et ajustements tarifaires différenciés selon les marchés, l’achat d’un nouvel appareil électronique pourrait coûter nettement plus cher dans les prochains mois.


