Le candidat socialiste à la mairie de Paris demande au gendarme de l'audiovisuel de sévir face à la surexposition télévisuelle de sa rivale et ministre de la Culture.
La bataille pour l'Hôtel de Ville de Paris se déplace désormais sur le terrain de la régulation audiovisuelle.
Alors que le scrutin des 15 et 22 mars approche, le camp socialiste tire la sonnette d'alarme concernant l'équité du temps de parole.
Emmanuel Grégoire, tête de liste de la gauche, a officiellement saisi l’Arcom ce mardi 27 janvier.
Au cœur de sa colère : une visibilité jugée disproportionnée accordée à Rachida Dati.
Le candidat pointe un « déséquilibre manifeste » qui fausserait, selon lui, les règles du jeu démocratique dans la capitale.
Une confusion des genres pointée du doigt
L'élément déclencheur de cette offensive juridique remonte à ce lundi.
La maire du VIIe arrondissement a occupé l'antenne de BFMTV durant une séquence marathon de « près de trois heures ».
Pour l'équipe d'Emmanuel Grégoire, cette omniprésence sur les chaînes d'information en continu ne relève plus de la simple communication ministérielle.
Il s'agit, d'après le courrier adressé à Martin Ajdari, président de l'autorité de régulation, d'une véritable « logique de promotion politique personnelle ».
Le député PS dénonce une frontière devenue trop floue.
Il estime que la double casquette de ministre de la Culture et de candidate déclarée permet à sa rivale de sature l'espace médiatique sans les contreparties imposées aux autres prétendants.
Le gendarme de l'audiovisuel appelé à trancher
Cette saisine intervient à un moment charnière du calendrier électoral.
Dès le 2 février, les règles vont se durcir drastiquement pour les diffuseurs.
L’Arcom a d'ores et déjà prévenu qu'elle serait d'une vigilance absolue sur le respect du pluralisme à l'approche du vote.
Emmanuel Grégoire exige donc une vérification immédiate des « modalités de comptabilisation » des interventions de Rachida Dati.
L'objectif est clair : forcer le régulateur à requalifier ces heures d'antenne en temps de parole électoral strict.
Une manœuvre qui pourrait contraindre les chaînes à revoir leurs invitations ou à offrir une exposition compensatoire aux autres candidats parisiens.
