Emmanuel Grégoire a remporté dimanche soir la mairie de Paris avec 50,52 % des voix, devant Rachida Dati. Mais ce qui a retenu l’attention, c’est la façon dont le nouveau maire a rejoint l’Hôtel de Ville : à pied, en Vélib, et en métro. Une déambulation qui n’avait pas vraiment de précédent dans les annales politiques parisiennes.
Ce soir, Emmanuel a gagné. Paris a voté. Et Emmanuel a décidé de rentrer à l’Hôtel de Ville comme tout le monde.
D’abord, Emmanuel marche. Il fait ses premiers pas de maire dans les rues parisiennes, entouré de ses soutiens. Les caméras le suivent. Il sourit. Paris est beau le soir d’une victoire.
Emmanuel prend le Vélib
Mais Emmanuel ne s’arrête pas là. Emmanuel prend un Vélib. Comme chaque Parisien qui rentre du bureau un mardi soir. Il enfourche le vélo en costume, la cravate rouge au vent, et il pédale vers l’Hôtel de Ville. « C’est plus sympa qu’en voiture », dit-il. Il a raison. Emmanuel aime Paris. Emmanuel respecte la mobilité douce.
Les passants le regardent. Certains le reconnaissent. D’autres pensent que c’est un livreur très bien habillé.
Puis Emmanuel prend le métro. Parce qu’il est comme ça, Emmanuel. Pas de cortège présidentiel, pas de berline noire aux vitres fumées. Le métro, comme Monsieur tout le monde. Il valide son pass Navigo — enfin, on suppose — et il regarde Paris défiler depuis le premier wagon.
La victoire, les chiffres, et la phrase
Au fond, cette soirée avait quand même du sens. Emmanuel Grégoire, 53 ans, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, succède à celle qui a dirigé Paris pendant douze ans. Il a conduit une liste d’union de la gauche — PS, Verts, PCF — et la victoire a été nette : 50,52 % contre 41,52 % pour Rachida Dati, soutenue par la droite et le centre.
Depuis le perron de l’Hôtel de Ville, il a lancé la phrase de la soirée : « Paris ne sera jamais d’extrême droite. » La foule a applaudi. Les militants ont crié. Et Emmanuel a peut-être pensé à rendre son Vélib avant minuit pour ne pas payer la surtaxe.
Hidalgo passe le témoin
Anne Hidalgo l’attendait à l’Hôtel de Ville. Elle lui a remis les clés symboliques de la Ville de Paris. Un passage de témoin entre deux socialistes qui partagent la même vision — et probablement le même abonnement Vélib.
« Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », a déclaré le nouveau maire dans son discours. Une histoire faite de révolutions, de grands travaux, de pistes cyclables et désormais, d’un maire qui prend les transports en commun le soir de son élection.
Rachida Dati, de son côté, a reconnu sa défaite avec sobriété : « Je n’ai pas réussi à convaincre. » Elle n’avait peut-être pas de Vélib.
Et maintenant ?
Emmanuel Grégoire devient officiellement le 17ᵉ maire de Paris. Il prendra ses fonctions dans les prochains jours, héritera d’un budget serré, d’une ville qui se réinvente et de millions de Parisiens qui regarderont avec attention ce qu’il fera — surtout en matière de transports.
Mais ce dimanche soir, il a surtout prouvé une chose : on peut être élu maire de la plus grande ville de France et encore préférer le Vélib à la limousine. La participation avait atteint 48,10 % à 17h, signe d’un scrutin suivi avec intérêt dans toute la capitale.
Ce soir, Emmanuel est allé se coucher tard. Il l’avait bien mérité.
