Stéphane Larue
Droit / Justice

Droits de succession 2026 : la hausse invisible qui touche de plus en plus de familles

Droits de succession 2026 : la hausse invisible qui touche de plus en plus de familles
Photo : Scott Graham / Unsplash

Les droits de succession augmentent silencieusement en 2026. Le gel des abattements et des barèmes jusqu’en 2028, voté dans la loi de finances, signifie que l’inflation continue de gonfler la valeur des patrimoines tandis que les seuils fiscaux restent figés. Résultat : davantage de familles franchissent les seuils d’imposition sans que rien n’ait changé dans leur patrimoine réel.

Le mécanisme est discret mais redoutable. Prenons un bien immobilier estimé à 250 000 euros en 2024, revalorisé à 265 000 euros en 2026 par l’effet de l’inflation. L’abattement en ligne directe reste bloqué à 100 000 euros. La part taxable passe donc de 150 000 à 165 000 euros, entraînant mécaniquement une hausse des droits à payer. Sans aucune décision politique visible, la charge fiscale augmente.

Les abattements gelés jusqu’en 2028

L’abattement principal en ligne directe reste fixé à 100 000 euros par parent et par enfant. Ce seuil n’a pas bougé depuis 2012, alors que les prix de l’immobilier ont progressé de plus de 25 % sur la même période dans les grandes agglomérations.

Entre frères et soeurs, l’abattement est de 15 932 euros. Au-delà, le taux grimpe à 35 % jusqu’à 24 430 euros, puis à 45 %. Pour les neveux et nièces, l’abattement tombe à 7 967 euros avec un taux unique de 55 %.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent totalement exonérés de droits de succession depuis 2007. Cette exonération n’est pas remise en cause.

Le barème progressif en ligne directe

Après application de l’abattement de 100 000 euros, le barème s’applique par tranches. Les premiers 8 072 euros sont taxés à 5 %. De 8 072 à 12 109 euros, le taux passe à 10 %. Entre 12 109 et 15 932 euros, il atteint 15 %. La tranche de 15 932 à 552 324 euros est taxée à 20 %. Au-delà de 552 324 euros, les taux montent à 30 %, puis 40 % et enfin 45 % pour la part dépassant 1 805 677 euros.

Comment anticiper pour payer moins

La donation de son vivant reste le levier le plus efficace. Chaque parent peut donner 100 000 euros à chaque enfant tous les 15 ans sans aucun droit à payer. Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre 400 000 euros en franchise totale, puis renouveler l’opération 15 ans plus tard.

Les dons familiaux de sommes d’argent bénéficient d’un abattement supplémentaire de 31 865 euros, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans. Ce dispositif se cumule avec l’abattement principal de 100 000 euros.

L’assurance-vie conserve un régime fiscal avantageux pour la transmission. Les sommes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, hors succession. Consulter un notaire pour optimiser la stratégie de transmission reste le meilleur investissement face à ce durcissement fiscal rampant.

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