Crédit immobilier : les taux remontent en mars 2026, ce que ça change pour vous

Taux fixes en hausse, renégociations et conseils pour emprunter au meilleur coût

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Photo : Tierra Mallorca / Unsplash

Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse en ce mois de mars 2026, après plusieurs mois de relative stabilité. L’OAT française à 10 ans, indicateur de référence pour les banques, a bondi de près de 40 points de base en quelques semaines, frôlant désormais les 3,70 %. Une remontée qui se répercute directement sur les barèmes proposés aux emprunteurs.

Concrètement, les taux moyens s’établissent désormais à 3,13 % sur 15 ans, 3,26 % sur 20 ans et 3,41 % sur 25 ans, selon le courtier CAFPI. Des niveaux comparables à ceux observés fin 2023, qui viennent rogner la capacité d’emprunt des ménages français au moment même où certains espéraient profiter d’une accalmie pour concrétiser leur projet.

L’OAT 10 ans au plus haut depuis 2011

Le principal responsable de cette envolée, c’est le marché obligataire. L’OAT française à 10 ans a atteint 3,69 % mi-mars, son niveau le plus élevé depuis 2011. En cause : la flambée du pétrole liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la remontée générale des taux longs en Europe.

Pour les banques, qui se refinancent en partie sur ces marchés, la hausse de l’OAT renchérit mécaniquement le coût du crédit immobilier. Même si la Banque centrale européenne (BCE) maintient pour l’instant sa politique de baisse progressive des taux directeurs, cela ne suffit pas à compenser la pression venue des marchés obligataires.

Des bons profils encore privilégiés

Tous les emprunteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les meilleurs dossiers — apport conséquent, revenus stables, faible endettement — peuvent encore décrocher des taux proches de 2,80 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,15 % sur 25 ans. Un écart significatif avec les taux moyens, qui montre l’importance de soigner sa demande de prêt.

La règle du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui limite le taux d’endettement à 35 % des revenus, continue par ailleurs de peser sur les primo-accédants aux revenus modestes, même si les volumes de crédits à l’habitat ont progressé de 33,4 % en 2025 par rapport à 2024.

Que faire si vous avez un projet d’achat ?

Face à cette remontée, plusieurs stratégies s’offrent aux emprunteurs. Raccourcir la durée du prêt permet de bénéficier d’un taux plus bas : l’écart entre 15 et 25 ans dépasse actuellement les 25 points de base. Augmenter son apport personnel reste également un levier efficace pour négocier avec sa banque.

Faire jouer la concurrence demeure essentiel. Les disparités régionales persistent : les établissements du Sud-Est, notamment en PACA et en Corse, affichent les barèmes les plus compétitifs, tandis que la Normandie et la Bretagne proposent des taux légèrement supérieurs sur les longues durées.

Reste une question en suspens : cette hausse va-t-elle durer ? Les analystes restent partagés. Tant que les tensions géopolitiques maintiendront la pression sur le pétrole et les taux longs, un retour rapide sous la barre des 3 % sur 25 ans semble peu probable.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.