Le Compte Personnel de Formation change de visage. Deux décrets publiés le 24 février 2026, entrés en vigueur deux jours plus tard, instaurent des plafonds stricts sur les montants pris en charge par le CPF selon le type de formation. Un reste à charge minimum est désormais obligatoire pour chaque bénéficiaire, sauf exceptions.
Depuis la mise en place du reste à charge instauré en 2023, le CPF avait déjà entamé sa mutation. Les réformes de 2026 vont plus loin en plafonnant les financements par type d’action, indépendamment du solde disponible sur le compte. Avoir 5 000 euros sur son CPF ne garantit plus rien si la formation choisie dépasse le plafond fixé par décret.
Les nouveaux plafonds selon le type de formation
Le premier décret fixe trois niveaux de prise en charge maximum.
Pour les certifications et habilitations enregistrées dans le répertoire spécifique — comme le TOEIC ou certifications professionnelles courtes — le plafond est fixé à 1 500 euros. Le bilan de compétences est plafonné à 1 600 euros. La préparation aux épreuves théoriques et pratiques du permis de conduire ne peut excéder 900 euros de prise en charge CPF.
Un reste à charge minimum de 103,20 euros
Quelle que soit la formation choisie, un reste à charge obligatoire s’applique désormais : 103,20 euros par action de formation.
Ce montant est indexé sur l’inflation et sera réévalué chaque année. Il vient s’ajouter au plafonnement par type de formation, signifiant qu’une formation à 1 000 euros sera financée à hauteur de 896,80 euros par le CPF, le reste devant être assumé par l’apprenant ou un cofinanceur (employeur, Région…).
Un délai de carence entre deux bilans de compétences
Le deuxième décret introduit une restriction supplémentaire pour les bilans de compétences. Si un bilan a été financé au cours des cinq dernières années par un financeur public ou paritaire, le CPF ne peut pas être remobilisé pour un nouveau bilan avant l’expiration de ce délai.
Cette mesure vise à limiter les recours répétés à un même type de prestation, particulièrement dans un contexte où les bilans de compétences ont connu une hausse significative ces dernières années.
Ce qui reste accessible
Malgré ces restrictions, le CPF reste utilisable pour financer une large gamme de certifications professionnelles reconnues, des formations en langues, des qualifications métiers ou des reconversions. Les formations éligibles sont consultables sur la plateforme Mon Compte Formation (moncompteformation.gouv.fr).
Les bénéficiaires de minima sociaux, les demandeurs d’emploi et certains salariés peuvent être exonérés du reste à charge, sous conditions.
