Ambiance explosive ce mercredi 1er avril à la Commission d’enquête parlementaire sur la neutralité de l’audiovisuel public. Auditionné à partir de 14h30, Nagui a d’emblée pris à partie le rapporteur Charles Alloncle, l’accusant d’avoir déclenché une vague de harcèlement et de menaces de mort contre lui et ses proches.
Depuis plusieurs mois, le député UDR avait publiquement déclaré soupçonner l’animateur d’être « la personne qui s’est le plus enrichie sur l’argent public en dix ans en France », des propos tenus sans consultation préalable des contrats de l’intéressé. Nagui a porté plainte contre X en janvier pour cyberharcèlement, après une série d’injures, de menaces et de messages racistes consécutifs aux déclarations du député. Lors de son propos liminaire, l’animateur de N’oubliez pas les paroles n’a pas mâché ses mots : « Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez à part me jeter en pâture sans aucune preuve. »
« Vous mettez ma famille en danger »
Nagui a directement reproché à Alloncle de « créer du buzz en confondant chiffre d’affaires et bénéfices », une confusion qu’il juge délibérée. « Depuis des mois, je vis avec des agents de sécurité 24h/24. Vous mettez ma famille en danger », a-t-il lancé, rappelant avoir reçu des menaces de mort. Alloncle a interrompu l’animateur à plusieurs reprises, affirmant lui aussi avoir fait l’objet de menaces après un post de Nagui l’accusant de le « jeter en pâture à la vindicte populaire ». Ce débat sur l’avenir des animateurs dans l’audiovisuel public prend une dimension judiciaire inédite.
Le président de la Commission, Jérémie Patrier-Leitus, a finalement coupé court aux échanges : « Votre règlement de compte n’intéresse pas les Français ! » Il a menacé de suspendre la séance si le dialogue restait impossible, avant d’inviter les deux hommes à entrer dans le vif des questions. La Commission s’inscrit dans un contexte de remise en cause plus large du financement et du rôle des grandes figures du service public.










