Une nouvelle vague d’arnaques par SMS frappe les Français depuis plusieurs semaines. Les escrocs utilisent désormais l’intelligence artificielle pour générer des photos réalistes de livreurs tenant un colis à votre nom. Le piège est redoutable : même les plus méfiants se font avoir.
Le scénario est rodé. Vous recevez un SMS d’un prétendu transporteur — Mondial Relay, Colissimo ou DHL — vous informant qu’un colis n’a pas pu être déposé dans votre boîte aux lettres. Le message contient un lien vers une photo montrant un livreur avec un carton étiqueté à votre nom et votre adresse. Sauf que tout est faux.
Comment fonctionne cette arnaque nouvelle génération
Contrairement aux SMS frauduleux d’il y a quelques années, truffés de fautes d’orthographe et facilement repérables, ces nouveaux messages sont parfaitement rédigés. L’intelligence artificielle génère une image personnalisée du supposé colis, avec le nom et parfois l’adresse exacte du destinataire. Les données proviennent de fuites massives de bases clients, revendues sur le dark web.
En cliquant sur le lien, la victime atterrit sur un faux site de suivi de colis qui demande de payer des frais de relivraison, généralement entre 1 et 3 euros. L’objectif réel est de récupérer les coordonnées bancaires.
Les bons réflexes pour se protéger
Premier réflexe : ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS, même s’il semble provenir d’un transporteur connu. Passez toujours par l’application officielle du transporteur ou tapez son adresse manuellement dans votre navigateur. Aucun transporteur sérieux ne demande de paiement par SMS pour une relivraison.
Deuxième réflexe : transférer le message suspect au 33700, la plateforme officielle de signalement des spams. Ce numéro permet de neutraliser les numéros malveillants. Vous pouvez aussi signaler l’arnaque sur la plateforme Pharos ou sur cybermalveillance.gouv.fr.
Que faire si vous avez cliqué ?
Si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires, faites opposition immédiatement auprès de votre banque. Changez les mots de passe de tous vos comptes en ligne, en priorité ceux liés au paiement. Déposez une plainte en ligne sur le site pre-plainte-en-ligne.gouv.fr ou au commissariat.
La plateforme cybermalveillance.gouv.fr propose un parcours d’assistance gratuit pour les victimes. Le nombre de demandes d’aide a bondi de près de 50 % sur un an, signe que ces arnaques touchent un public de plus en plus large.
