Un employé de supérette en Arizona se retrouve au centre d’une bataille juridique après avoir remporté 10,8 millions d’euros à la loterie, un gain que son employeur revendique désormais intégralement.
L’affaire, qui secoue actuellement les réseaux sociaux et la presse spécialisée outre-Atlantique, repose sur une zone grise du règlement intérieur des points de vente de loterie. Tout commence lorsqu’un client commande plusieurs tickets de loto dans une enseigne Circle K avant de changer d’avis et de ne payer qu’une partie de sa commande. Le ticket gagnant, resté sur le comptoir, a été racheté par le responsable de la boutique peu après le tirage officiel.
Une transaction contestée après le tirage
Le litige porte sur le moment précis de l’achat. Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par le quotidien sud-coréen Chosun Daily et relayés par plusieurs médias internationaux, l’employé aurait validé l’achat du ticket « abandonné » seulement après avoir pris connaissance des numéros gagnants. Pour l’enseigne de distribution, cette manœuvre constitue une violation flagrante des protocoles de vente. L’entreprise estime que le ticket, n’ayant pas été acheté par le client initial, appartient de fait à la société propriétaire du point de vente.
Cependant, la défense de l’employé soutient que le ticket avait été imprimé avant le tirage et qu’il était donc disponible à la vente pour n’importe quel client ou collaborateur. Le fait de l’avoir payé a posteriori ne suffirait pas, selon ses avocats, à invalider la propriété du gain. La justice doit désormais trancher : le ticket était-il une propriété « oubliée » de l’entreprise ou un produit de vente ordinaire dont l’employé a pu se porter acquéreur ?
Les litiges de loterie en milieu professionnel
Ce type de conflit n’est pas isolé. Les « pools » de loterie entre collègues ou les erreurs de caisse débouchent régulièrement sur des procédures judiciaires complexes. En 2025, un cas similaire au Canada avait vu un groupe de dix-sept employés s’affronter devant les tribunaux pour un partage de gain non respecté. Ces affaires soulignent souvent l’absence de contrats écrits lors de jeux collectifs, rendant les décisions de justice dépendantes des preuves numériques, comme les messages WhatsApp ou les historiques de transactions bancaires.
Il est fréquent que les employeurs imposent des clauses strictes interdisant au personnel de jouer sur leur lieu de travail. Toutefois, la jurisprudence reste fluctuante. Comme le souligne souvent stephanelarue.com dans ses dossiers sur les faits divers insolites, la frontière entre opportunité personnelle et faute professionnelle reste ténue dans le domaine des jeux de hasard.
Toutefois, dans ce dossier précis, la somme de 10,8 millions d’euros reste bloquée par les autorités de la loterie d’Arizona en attendant une décision définitive du tribunal, laissant l’heureux — ou malheureux — gagnant dans l’incertitude la plus totale.
