À retenir
- Dans une lettre aux ministres rendue publique dimanche 4 octobre, Sébastien Lecornu fixe cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels
- Les cours doivent reprendre dès le lundi 5 octobre partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent, d’abord pour les terminales
- Les premières décisions, avec coût, financement et calendrier, sont attendues avant fin octobre, et un bilan sur les remplacements est dû le 16 octobre
- Le projet de budget 2027 prévoit 64 milliards d’euros pour l’Éducation nationale, soit 1,2 milliard de plus qu’en 2026 à périmètre constant
Au sommaire
- Les cours reprennent lundi 5 octobre, d’abord pour les terminales
- Remplacement des professeurs absents : premier bilan le 16 octobre
- Bâtiments et fortes chaleurs : réunion avec les régions le 6 octobre
- Emplois du temps, santé, Parcoursup : ce qui est demandé aux ministres
- Chaque proposition lycéenne aura une réponse motivée, portable compris
- Du 5 octobre à l’été 2027 : le calendrier annoncé
- Budget 2027 : 64 milliards d’euros pour l’Éducation nationale
Sébastien Lecornu demande à ses ministres d’engager cinq chantiers pour répondre au mouvement des lycéens, avec des premières décisions chiffrées avant la fin octobre. Dans sa lettre, le Premier ministre confie la coordination au ministre de l’Éducation nationale.
Le texte s’appuie sur les échanges tenus dans les conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL), réunis ces derniers jours. Il décrit des réalités « très disparates » selon les territoires : cours non assurés, locaux dégradés, longues journées, angoisse de l’orientation.
Cette feuille de route arrive alors que les lycéens affichent leur volonté de poursuivre le mouvement.
Les cours reprennent lundi 5 octobre, d’abord pour les terminales
À partir du lundi 5 octobre, le principe est que les cours reprennent partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent. La reprise peut être progressive, en priorité pour les terminales et les autres classes à examen.
Les chefs d’établissement organisent les modalités exactes avec les équipes pédagogiques, notamment dans les lycées touchés par des violences ou des destructions. Chaque lycée dont les cours en présentiel restent suspendus doit disposer d’une perspective de reprise, et les familles doivent en être informées.
Le soutien psychologique, administratif et juridique aux personnels éprouvés sera prolongé autant que nécessaire. Lecornu demande aussi d’accélérer l’examen du projet de loi « casseur-payeur », pour faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des dommages.
Remplacement des professeurs absents : premier bilan le 16 octobre
Dès cette semaine, chaque académie doit lancer un traitement prioritaire des absences longues et des postes non pourvus. Les classes à examen, les spécialités et les enseignements professionnels passent en premier.
Les ministres doivent réduire les délais d’affectation des remplaçants et poursuivre l’amélioration des remplacements courts. Ils doivent aussi organiser le rattrapage des cours manqués, notamment par des stages de réussite pendant les petites vacances.
Les familles seront informées des démarches et des délais connus. Un premier bilan doit être transmis à Lecornu pour le 16 octobre.
Bâtiments et fortes chaleurs : réunion avec les régions le 6 octobre
Lecornu rappelle que les bâtiments, les équipements, la restauration et les internats des lycées publics relèvent de la compétence exclusive des conseils régionaux, en vertu de la loi du 22 juillet 1983. L’État pourra accompagner les régions qui en expriment le besoin.
Une visioconférence est prévue le 6 octobre avec les présidents de conseils régionaux et plusieurs ministres, pour identifier les urgences, préciser qui agit et établir un calendrier. Le texte affirme que ni l’État ni les régions ne doivent se renvoyer la responsabilité des difficultés.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit notamment de rendre aux régions le bénéfice de la dynamique de TVA, pour soutenir l’exercice de leurs responsabilités.
Les priorités visées sont les salles de classe équipées, les sanitaires propres et équipés, le chauffage, le matériel indispensable, la restauration et les internats.
Sur les fortes chaleurs, les ministres proposeront aux régions, avant fin octobre, des priorités d’adaptation : protection solaire, isolation, ventilation, végétalisation et, si nécessaire, rafraîchissement ou climatisation, étudiés selon les bâtiments. L’objectif est d’engager avant l’été 2027 les interventions réalisables et de donner un calendrier aux travaux plus lourds.
Emplois du temps, santé, Parcoursup : ce qui est demandé aux ministres
Pour les journées de 8 heures à 18 heures, les heures creuses et les pauses déjeuner trop courtes, la lettre demande d’examiner avec les personnels et les élus lycéens des améliorations des emplois du temps, de la répartition des évaluations et des conditions de travail personnel. Les autorités locales responsables des transports seront associées.
La direction interministérielle du numérique pourra aider à améliorer, grâce à l’intelligence artificielle, les logiciels de création des emplois du temps en vue de la prochaine rentrée.
Avec la ministre chargée de la santé, des réponses de proximité doivent être organisées là où l’accès à une infirmière, à un psychologue ou à un accompagnement social est le plus difficile. Des premières améliorations sont attendues pour la rentrée après les vacances de la Toussaint.
Sur Parcoursup, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur doivent proposer avant fin octobre des améliorations pour la campagne 2027. Chaque candidat doit comprendre les critères retenus par les formations, la place des notes et des spécialités, ainsi que le rôle des outils utilisés pour examiner et classer les dossiers.
La lettre prévoit aussi un accompagnement qui commence plus tôt au lycée, avec un interlocuteur identifié, notamment pour les familles peu familières de l’enseignement supérieur.
Chaque proposition lycéenne aura une réponse motivée, portable compris
Le cinquième chantier est présenté par le Premier ministre comme « sans doute le plus important ». Les conseils de la vie lycéenne doivent être réunis, consultés à temps et exercer leurs attributions sur le temps scolaire, le règlement intérieur et les conditions de vie.
Chaque proposition recevra une réponse motivée, avec une échéance lorsqu’elle sera retenue. Les ministres doivent aussi proposer une meilleure représentation des lycéens professionnels dans les instances académiques et nationales.
Ils étudieront, avec les conseils régionaux et les établissements volontaires, une part de choix laissée aux élèves sur des projets de vie lycéenne, dans un cadre financier défini.
Cette méthode s’appliquera au téléphone portable : l’objectif de protection de l’attention et de la vie collective sera expliqué, et les modalités pratiques seront discutées avec les élèves et les personnels, dans le cadre des règles votées par le Parlement.
Le texte relève aussi, chez certains lycéens, une inquiétude face à la présidentielle de 2027 alors qu’ils ne pourront pas encore voter. Il demande de leur donner des occasions de comprendre les débats publics et de s’exprimer, dans le respect du pluralisme et de la laïcité.
Du 5 octobre à l’été 2027 : le calendrier annoncé
Voici les échéances citées dans la lettre, classées dans l’ordre chronologique.
| Échéance | Ce qui est prévu |
|---|---|
| Lundi 5 octobre | Reprise des cours, consultation en ligne ouverte |
| 6 octobre | Visioconférence avec les présidents de région |
| 16 octobre | Bilan sur les remplacements, fin des échanges |
| Avant fin octobre | Premières décisions, coût, financement, calendrier |
| Après la Toussaint | Premières améliorations, dont l’accompagnement santé |
| Avant fin d’année | Premier point d’exécution remis à Lecornu |
| Avant l’été 2027 | Interventions réalisables contre la chaleur |
Les bilans académiques et la restitution nationale de fin octobre doivent rendre compte des demandes et des réponses, y compris des propositions non retenues. Le Premier ministre précise qu’il procédera aux arbitrages nécessaires, compte tenu des contraintes des finances publiques.
Budget 2027 : 64 milliards d’euros pour l’Éducation nationale
Selon la lettre, le projet de budget pour 2027 porte les crédits de l’Éducation nationale à 64 milliards d’euros hors pensions, contre 48,8 milliards en 2017. Il prévoit une hausse supplémentaire de 1,2 milliard par rapport à 2026, à périmètre constant.
Lecornu admet que chaque rentrée fait apparaître de nouveaux besoins et demande de corriger avec humilité ce qui reste insatisfaisant. Le débat parlementaire sur le budget doit le permettre.































