À retenir
- La Sacem et Deezer ont annoncé le 28 septembre 2026 le lancement de Sacem Play, une offre de musique d’ambiance pour les commerces indépendants
- Le service est vendu sous la marque Sacem et repose sur la technologie, le catalogue et les playlists de Deezer
- Le déploiement se fera progressivement d’ici le début de l’année 2027, avec une phase d’activation et de test
- Le tarif n’a pas été communiqué
Au sommaire
La Sacem ne se contente plus de facturer la musique diffusée dans les commerces : elle va aussi la leur fournir. Avec Sacem Play, la société des auteurs et compositeurs s’appuie sur Deezer pour proposer aux petits commerçants un service de diffusion clé en main.
L’annonce a été faite lundi 28 septembre par les deux partenaires. La cible est clairement désignée : les commerces indépendants, soit des milliers de boutiques qui diffusent aujourd’hui de la musique avec les moyens du bord.
Sacem Play vise les boutiques mono-site, pas les chaînes
Deezer dispose déjà d’une offre professionnelle, Deezer for Professionals, destinée aux marques et aux réseaux de magasins. Elle reste l’outil de référence pour les établissements à plusieurs zones de diffusion.
Sacem Play occupe le créneau inférieur. Le service promet un parcours « simple et accessible », avec une musique adaptée au type d’activité et à l’ambiance du lieu.
La répartition des rôles est nette. La Sacem apporte son fichier clients et sa force commerciale, puisqu’elle est déjà en contact avec tous les commerces qui diffusent de la musique. Deezer fournit le catalogue, l’outil technique et la programmation éditoriale.
Des droits d’auteur répartis sur les titres réellement diffusés
L’intérêt pour la Sacem dépasse la vente d’un abonnement. Aujourd’hui, la musique diffusée dans une boutique est rarement déclarée titre par titre : les droits sont répartis selon des estimations.
Avec Sacem Play, l’organisme aura accès aux données de diffusion. Jean-Félix Choukroun, directeur marketing, relation client, digital et grands comptes de la Sacem, l’affirme : le service doit permettre de reverser les droits d’auteur aux créateurs « plus précisément ».
Côté Deezer, Julien Delbourg, directeur commercial, présente la musique comme « un outil stratégique » pour les entreprises, en matière d’image comme de performance commerciale.
Ce que le commerçant doit savoir dès maintenant
Tout commerce qui diffuse de la musique accessible au public doit déjà détenir une autorisation de la Sacem. Sacem Play ne supprime pas cette obligation : les conditions de souscription, et l’éventuel regroupement avec la licence, restent à préciser.
Un point pratique reste méconnu. Un abonnement personnel à une plateforme de streaming est réservé à un usage privé : il n’autorise pas la diffusion dans un lieu ouvert au public. C’est précisément ce vide que visent les offres professionnelles comme Sacem Play.
Plusieurs questions restent ouvertes à ce stade :
- le prix de l’abonnement
- son articulation avec la licence Sacem existante
- le calendrier précis d’ouverture selon les régions ou les secteurs
Troisième chantier commun entre la Sacem et Deezer
Ce partenariat prolonge deux accords antérieurs. En janvier 2025, la Sacem a été la première société d’auteurs à rejoindre le modèle de rémunération Artist Centric de Deezer, qui favorise les artistes réellement écoutés.
En janvier 2026, la Sacem a adopté l’outil de Deezer qui repère les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle. Une technologie qui a valu à la plateforme d’être récompensée par Billboard France pour sa détection de l’IA.
Les deux partenaires présentent Sacem Play comme une suite logique : garantir que la musique diffusée en boutique rémunère ses créateurs dans un cadre clair.






















