À retenir
- À La Rochelle, le 18 septembre, la présidente a revendiqué dix années de soutien à la fiction française dans un message publié sur LinkedIn.
- Manuel Alduy estime que les achats américains coûteraient moins cher que les coproductions françaises.
- Les fictions étrangères et les longs-métrages venus des États-Unis restent deux dossiers distincts.
Delphine Ernotte Cunci assume l’abandon des fictions américaines par les chaînes publiques. Après les débats professionnels de La Rochelle, la dirigeante a rappelé sur LinkedIn que cette orientation accompagne son soutien aux créateurs français. Son intervention replace les choix de programmes dans une question de financement : qui pourra produire les récits proposés au public face au poids croissant des plateformes étrangères ?
La présidente décrit une double pression sur les diffuseurs français, entre contraction des ressources publiques et recul des revenus publicitaires. Elle défend le maintien d’une capacité de création nationale et alerte sur une dépendance accrue envers les acteurs américains. Ce débat accompagne les économies annoncées pour France Télévisions en 2027.
Acheter américain reviendrait moins cher, explique Manuel Alduy
L’argument économique mérite une précision : renoncer aux séries américaines ne constitue pas une économie en soi. Manuel Alduy l’avait expliqué aux députés le 27 janvier 2026, lors de son audition sur la stratégie éditoriale du groupe.
Le responsable du cinéma et des fictions internationales indiquait alors que l’entreprise avait décidé de ne plus acquérir ces séries. Selon lui, leur achat serait moins coûteux que la coproduction française, avec des catalogues disponibles et un potentiel d’audience.
La différence revendiquée tient donc à la destination des dépenses. Le groupe choisit de participer au financement de créations plutôt que de privilégier des programmes américains déjà produits. Cette orientation engage ses relations avec les producteurs, au-delà du seul résultat d’une soirée.
La question se pose aussi à l’intérieur de la fiction française, où les arbitrages sur les commandes d’unitaires modifient les formats soutenus.
Les séries étrangères gardent leur place, les films américains aussi
L’offre internationale ne disparaît pas pour autant. Dans sa présentation de rentrée, France Télévisions cite notamment Mystères au paradis et Saint-Pierre. Manuel Alduy décrit une sélection de séries destinée à compléter les créations françaises, avec des partenariats européens et des programmes policiers.
Le cinéma suit une autre politique. Le groupe indique que les productions américaines représentent moins de 20 % des films programmés aux heures de forte exposition. Leur présence demeure donc attestée, même si les coproductions du diffuseur occupent une place importante.
Pour 2025, France Télévisions précise également avoir réservé la première partie de soirée à 75 % des films inédits qu’il avait coproduits. L’arrêt des acquisitions de séries américaines ne permet ainsi pas de conclure à une exclusion générale des œuvres américaines.






















